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A.Schleck, le nouveau Poulidor ?

Andy Schleck

Andy Schleck - -

Battu par Cadel Evans samedi lors du contre-la-montre de Grenoble, le Luxembourgeois a une nouvelle fois échoué dans sa quête du Tour de France. Le début d’une mauvaise habitude ? L’intéressé ne le pense pas.

Face aux médias, il a choisi de présenter le discours du bon perdant. Celui du battu pas abattu, lucide sur la supériorité adverse. « Cadel m’a battu mais je ne suis pas triste. J’ai fait un grand Tour, un beau Tour. On a tout essayé. Fränk s’est sacrifié pour moi. Mais Cadel était plus fort… Etre avec mon frère sur le podium à Paris (ndlr, une première dans l’histoire du Tour), c’est quelque chose de spécial. » Ne comptez pas sur Andy Schleck pour déverser son flot de déception. Ni sur son frère, Fränk, qui l’annonce sans se démonter : « On n’a pas gagné le Tour mais il n’y a pas de regrets. On a tout essayé. »

La face meurtrie des deux frangins, c’est leur père, Johnny, qui en parle le mieux. Enfin presque. « Ils sont tous les deux très tristes d’avoir vu Andy perdre le maillot. C’était difficile de le garder, on s’y attendait. Après Cancellera, Cadel Evans est le meilleur coureur de contre-la-montre », lâche-t-il avant de rappeler « sa fierté » d’avoir ses deux fils sur le podium de la Grande Boucle. On l’aura compris, chez les Schleck, la perspective d’un podium familial l’emporte sur toute autre émotion.

« Son tour viendra »

Pourtant, l’un des frères, Andy, était attendu pour la victoire finale. Il avait même annoncé, lors de la journée de repos, « qu’un seul des deux Schleck sur la plus haute marche, ce serait mieux. » Et, finalement, il a failli. Comme en 2009 et 2010, devant se contenter de la deuxième place, à l’instar de… Cadel Evans il y a encore quelques heures. L’Australien, poursuivi par la poisse, avait fini par être comparé à Raymond Poulidor, pour son aptitude à échouer dans la dernière boucle.

En sera-t-il de même pour Andy Schleck ? « Je suis sûr que, jeune comme il est, son tour viendra. J’en suis persuadé », prédit John Lelangue, directeur sportif de BMC. A condition de ne pas s’égarer en route. « Andy a le charisme pour être un grand champion, explique Luc Leblanc, consultant RMC Sport. Mais il faut qu’il se mette dans la tête que les courses ne se gagnent pas à partir du mois de janvier, mais dès la fin de la saison, pour s’entrainer et travailler ses points faibles tout l’hiver. Durant le contre-la-montre de Grenoble, sa position était exactement la même que l’année dernière. Un coureur comme Cadel Evans a galéré pour gagner le Tour de France, il a dû s’améliorer dans tous les domaines. Andy est jeune, il en est capable, et il le fera. » L’intéressé ne dit pas autre chose. « Tous les ans, je deviens plus fort, juge-t-il. Je n'ai que 26 ans, je reviendrai. Et je reviendrai pour gagner. » Le rendez-vous est pris. Une fois de plus.