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Armstrong, liaison dangereuse ?

Lance Armstrong

Lance Armstrong - -

Lance Armstrong, que l’USADA a décidé de priver de tous ses titres depuis 1998, a su tout au long de sa carrière jouer de ses amitiés pour éviter de se retrouver dans des situations délicates. Il aurait ainsi été « protégé » en 2005.

L’icône est tombée. Et petit à petit, le voile se lève. Comment Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France (1999-2005) que l’USADA veut rayer des mémoires, a-t-il échappé aux gendarmes, aux douaniers, aux contrôleurs de la lutte antidopage, pendant toute sa carrière ? A-t-il été « protégé » ? Avait-il une méthode pour ne pas être pris au dépourvu ? « Ce n’était pas tout à fait la même chose de contrôler Lance Armstrong et de contrôler un autre coureur, explique Michel Rieu, conseiller scientifique de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Il y avait des difficultés spécifiques. Mais en plus, il y avait une espèce de crainte générale de la part des médecins préleveurs et des contrôleurs, notamment de l’UCI. »

« Personnage puissant », « qui faisait peur », Lance Armstrong, l’ami des présidents (George W.Bush, Nicolas Sarkozy), ne s’est jamais départi selon Michel Rieu d’une certaine « courtoisie menaçante ». Et quand les contrôleurs se présentaient, l’Américain et son entourage temporisaient. « C’était un peu particulier, reconnait le conseiller scientifique de l’AFLD. Tout était organisé de façon qu’il y ait un sursis. Soit il fallait qu’il téléphone à son avocat, soit il fallait qu’il téléphone à l’UCI ou à tel ou tel endroit. Bref, il fallait gagner du temps. » Et d’autres épisodes remontent désormais à la surface.

Guimard : « Pour moi, l’affaire Armstrong n’est pas terminée »

Comme lorsqu’en 2005, l’Américain et son équipe aurait échappé de justesse à une perquisition. C’est ce qu’affirme, dans le Journal du Dimanche, Thibault de Montbrial, l’avocat des auteurs du livre « L.A. Confidentiel » (David Walsh et Pierre Ballester), qui n’hésite pas à dire que Lance Armstrong a été « protégé ». « Lors du Tour de France 2005, l’équipe US Postal d’Armstrong a été à deux doigts d’écoper une perquisition à son hôtel, révèle-t-il. Je sais de très bonne source que vers 17 heures, alors qu’ils étaient devant l’hôtel, les enquêteurs français ont reçu un feu rouge. Et l’opération prévue a été annulée à la dernière minute. »

« Il y aura peut-être d’autres révélations dans les mois et les années à venir, pressent Cyrille Guimard, membre de la Dream Team RMC Sport. Pour moi, l’affaire Armstrong n’est pas terminée. Si on arrive à démontrer qu’Armstrong était dopé depuis 1998, ça veut dire que des gens étaient complices. » Samedi soir, après avoir pris la 2e place d’une course amateur de VTT à Aspen (Colorado), l’Américain demandait qu’on ne s’inquiète pas pour lui, que « personne n’a besoin de pleurer pour lui ». Peut-être que d’autres ont l’esprit plus tourmenté par les développements à venir dans une affaire qui paraît devoir faire d’autres victimes…

XM, LP