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Ces histoires qui ont fait le Tour (14/23)

Anquetil, ici lors du Tour 1964 avec Poulidor.

Anquetil, ici lors du Tour 1964 avec Poulidor. - -

A l’occasion de la 100e édition de la Grande Boucle, RMC Sport vous raconte chaque jour une petite histoire qui a contribué à la grande histoire du Tour. Aujourd’hui, gros plan sur Jacques Anquetil, qui buvait et dévorait plus que de raison lors des journées de repos...

Tour de France 1964. Après 1957, 1961, 1962 et 1963, Jacques Anquetil s’en va quérir son cinquième sacre. Spécialiste du contre-la-montre, le triple de champion de France de poursuite résiste en montagne où Raymond Poulidor et Federico Bahamontes règnent en maîtres. Tous les observateurs n’ont aucun doute sur le succès de Jacques Anquetil. La Grande Boucle ne peut lui échapper.

Et pourtant. Au lendemain de la journée de repos, les coureurs se présentent sur la 14e étape entre Andorre et Toulouse. Dès le début de l’étape, les organisateurs ont placé le Port d’Envalira comme première difficulté. Le matin même, Jacques Anquetil n’est pas bien. Son visage est marqué. Il paraît épuisé. « Dès les premières pentes, Anquetil glisse au milieu du peloton. Ce n’est pas la position d’un favori, raconte Jean-Noël Blanc dans son ouvrage « Grandes heures du Tour de France ». Quelqu’un qui veut gagner le Tour doit être devant. Il ne doit pas se planquer. »

Lorsque le peloton accélère, « la Caravelle » lâche prise. Mais qu’arrive-t-il donc à Jacques Anquetil ? Il est obligé de compter sur ses deux équipiers de luxe, Rostollan et Zilverberg, pour le ramener. Mais le coureur de l’équipe Saint-Raphaël-Gitane n’y arrive plus. Dans la caravane du Tour, on craint même le pire à savoir son abandon.

Une coupe de champagne pour médicament

Accompagné dans sa détresse par Jacques Goddet, Jacques Anquetil s’accroche. « Alors une voiture monte à sa hauteur. C’est celle de son directeur sportif, Raphaël Géminiani. Il lui tend un gobelet un carton. Anquetil l’attrape, boit et sourit. » Cette potion magique ? Du champagne. Gém a vu juste : il faut soigner le mal par le mal car la veille, Maître Jacques avait fêté dignement la journée de repos. Fidèle à ses habitudes d’épicurien. Cette fois-ci, c’était lambeaux de viande et sangria au menu. Les autres fois, c’était rosé et grillades, ou muscadet et langoustines. Sauf que cette fois-ci, le repas lui est resté sur l’estomac….

Un avertissement sans frais pour le Français qui, trois jours plus tard lors de la 17e étape, réglera tout le monde sur le contre-la-montre entre Peyrehorade et Bayonne. Mais l’histoire ne dit pas si Anquetil célébra cette victoire d’étape par une coupe de champagne…

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Xavier Martel