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Chavanel-Voeckler : les deux étendards

Sylvain Chavanel

Sylvain Chavanel - -

Chefs de file et meilleurs éléments du peloton français depuis plusieurs saisons, Sylvain Chavanel et Thomas Voeckler seront encore une fois les Tricolores les plus sollicités par le public. Mais les deux coureurs, qui possèdent les mêmes objectifs, seront surtout opposés lors de cette Grande Boucle.

Le duel a déjà commencé à Boulogne-sur-Mer dimanche dernier, lors du championnat de France en ligne. Vainqueur en solitaire et en costaud sur le circuit boulonnais, Sylvain Chavanel (Quick Step) a succédé à Thomas Voeckler (Europcar) pour le port de la tunique bleu-blanc-rouge. Troisième, le champion en titre n’a pu que constater la supériorité de son adversaire ce jour-là. « Sylvain a fait une démonstration, avait-il déclaré à l’arrivée. Coup de chapeau à lui ! Quand on est battu par plus fort, il n’y a pas de regrets. »

Sur les routes du Tour de France, les deux hommes se recroiseront et auront encore une fois le même objectif : une victoire d’étape. Une compétition sur le vélo qui ne rejaillit pourtant pas dans leurs relations, eux qui ont été coéquipiers entre 2001 et 2004 sous les couleurs des formations Bonjour et Brioches La Boulangère. « Il n’y a pas de rivalité entre nous, affirme Thomas Voeckler. On a couru dans la même équipe et il n’y a jamais eu de problèmes, même si nous ne sommes pas amis. »

« Deux champions à citer en exemple »

Lors de cette Grande Boucle 2011, les deux anciens coéquipiers ne se feront pourtant pas de cadeaux, comme le confirme Sylvain Chavanel. « Le but de chaque coureur est de faire gagner son équipe, déclare-t-il. On veut tous gagner une étape. » Pour Jean-René Bernaudeau, qui a eu Chavanel et Voeckler sous sa direction durant leurs années communes, une différence existe pourtant entre les deux Français. « Thomas a bâti son palmarès, contrairement à Sylvain qui a encore beaucoup de regrets car il n’exprime pas son potentiel à 100% comme Thomas peut le faire. »

En tout cas pour Cyrille Guimard, l’ancien directeur sportif de Bernard Hinault, les deux coureurs auront marqué à leur manière l’histoire du cyclisme français. « Chavanel et Voeckler sont deux beaux représentants du cyclisme français, deux champions à citer en exemple et qui sont en train de se créer un superbe palmarès, estime-t-il. Ils ne sont pas Anquetil ou Hinault mais ils nous font vibrer. » Et en l’absence d’un possible successeur à Bernard Hinault, dernier vainqueur de la Grande Boucle en 1985, c’est déjà beaucoup.

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Les Français à la chasse aux victoires d’étapes

Après une édition 2010 du Tour de France qui s’est avérée être un grand cru pour les Français, avec six victoires d’étapes et le maillot à pois décroché par Anthony Charteau (Europcar), il sera difficile pour les coureurs tricolores de faire aussi bien. En l’absence d’un leader capable de monter sur le podium, Christophe Le Mével (Garmin-Cervelo), Jean-Christophe Péraud (AG2R La Mondiale) ou encore Jérôme Coppel (Saur-Sojasun) essaieront de faire bonne figure au classement général et de se hisser parmi les dix premiers. A domicile, les coureurs français viseront donc encore les victoires d’étapes, avec comme chefs de file, outre Thomas Voeckler et Sylvain Chavanel, Sandy Casar (FDJ), John Gadret (AG2R La Mondiale), Christophe Kern (Europcar) ou encore David Moncoutié (Cofidis).