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Cyclistes dopés : la liste s’allonge, sans surprise

Ullrich et Pantani sur le podium du Tour 1998.

Ullrich et Pantani sur le podium du Tour 1998. - -

Les documents remis par la Commission d’enquête du Sénat ont permis d'identifier Jalabert, Ullrich, Pantani, Olano, Zabel, Cipollini, Desbiens, Durand ou encore Beltran, parmi les dopés à l’EPO lors des Tours de France 1998 et 99. Une liste sans surprise qui confirme la généralisation du dopage durant les années 90.

Pour soulager sa conscience (ou pas), la Commission d'enquête du Sénat sur le dopage n’a pas mentionné nommément dans son rapport les coureurs dopés à l’EPO lors des Tours de France 1998 et 1999. Mais un simple recoupement entre les bordereaux des 210 prélèvements mentionnés (105 en 98, 105 en 99) et les résultats des réanalyses effectuées de manière anonyme fin 2004 par le laboratoire de Châtenay-Malabry (documents présents dans l’annexe du rapport), ont permis sans grande difficulté de faire tomber quelques masques. Ou plus précisément, de confirmer tout ce que l’on savait sur les us et coutumes du peloton durant les années 90, à savoir que le dopage en particulier à l’EPO était généralisé voire organisé au sein des équipes.

Parmi les coureurs convaincus de dopage figurent Jan Ullrich (qui avoué il y a un mois), Mario Pantani (poursuivi, jamais sanctionné puis pris en flagrant délit en 2001), Erik Zabel (aveux en 2007), Bo Hamburger (suspendu à vie en 2003, aveux en 2007), Jeroen Blijlevens (poursuivi, jamais sanctionné), Mario Cipollini (convaincu de dopage après les révélations de la Gazzetta dello sport), Fabio Sacchi (pris en flagrant délit en 2002), Eddy Mazzoleni (contrôlé positif puis pris en flagrant délit en 2004), Jacky Durand (contrôlé positif à la nandrolone en 1996), Abraham Olano (positif à la caféine en 1994), Laurent Desbiens (positif à la nandrolone en 1996 et 98), Manuel Beltran (positif à l’EPO en 1998) ou encore Kevin Livingston (poursuivi, jamais sanctionné).

Une photographie inexacte de l’époque

En revanche, cinq coureurs sur qui une forte suspicion planait, mais qui n’avaient jusqu’à présent jamais été rattrapés par la patrouille, ont été convaincus de dopage à l’EPO lors des Tours de France 1998 et/ou 1999. A commencer par Laurent Jalabert, dont le nom a fuité avant le début du Tour et qui a toujours nié. Mais aussi Andrea Tafi, Marcos Serrano, Jens Heppner ou encore Nicola Minali. Tout, sauf une surprise. En revanche, cette liste ne reflète pas la réalité des pratiques dopantes de l’époque puisque ces révélations ne portent que sur 105 contrôles effectués lors du Tour de France 1998 (sur 189 coureurs au départ). Idem en 1999. Si elle voulait offrir une « photographie » des méthodes de l’époque, la commission sénatoriale reste donc bien loin du compte…

Enfin, quand Laurent Jalabert s’obstine à nier l’évidence, Jacky Durand, lui, dont le nom a été jeté en pâture dès lundi soir, a eu une réaction qui l’honore en tout point. « J’'assume mes actes, a-t-il déclaré sans se défiler sur le site d’Eurosport, chaîne dont il est consultant. Je pense de toute façon que personne n'est dupe. Quand vous voulez vivre votre passion et que vous bossez comme un damné de manière propre, mais que vous êtes, malgré tout, à la rue en termes de résultats par rapport à la concurrence, vous analysez la situation. Et pour vivre votre passion, participer et réussir sur le Tour de France, vous franchissez le pas… »