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Di Gregorio, c’est flou

Rémy Di Grégorio

Rémy Di Grégorio - -

Déféré devant le juge d’instruction de Marseille, le coureur de Cofidis a été mis en examen pour « détention d'un procédé interdit sans justification médicale. » Mais de nombreuses zones d’ombre subsistent, le dopage n’ayant pas été avéré.

Rémy Di Grégorio (26 ans) est plus que jamais dans la ligne de mire de la justice. Ce jeudi, après quarante-huit heures de garde à vue, le coureur Cofidis a été déféré devant la juge d’instruction, Annaïck Le Goff, au tribunal de grande instance de Marseille. Il a ensuite été mis en examen pour « détention d'un procédé interdit sans justification médicale. » L’objet du délit ? Un kit d’injection de glucose. « Pour le sportif, devrait être retenue la détention de procédé interdit sans justification médicale, indique Jacques Dallest, le procureur de la République. Le procédé, c’est ce kit. La peine, c’est un an d’emprisonnement et 3750€ d’amende. »
Cette affaire qui a explosé au grand jour mardi matin après l’interpellation du coureur à Bourg-en-Bresse, réserve encore quelques mystères car de nombreuses zones d’ombre subsistent. « Je peux vous affirmer que je ne me suis jamais dopé, sauf si on m'a trompé, a déclaré le coureur à sa sortie du TGI. Pour les gens qui me supportent et me soutiennent, je peux me regarder dans une glace. La justice fera le reste. L’avenir est encore devant moi. »
« Il nie tout usage de produit dopant ce qui factuellement n’est pas faux, poursuit Jacques Dallest. Mais il ne conteste pas ce qui s’est passé avec le naturopathe. » Egalement interpellé, ce spécialiste d’une médecine non-conventionnelle a reconnu aux gendarmes avoir pratiqué deux injections directes d'ozone, une troisième de sang prélevé puis enrichi d'ozone et réinjecté, et enfin une quatrième de glucose. L’ozone est de l’oxygène enrichi. Si la substance n’est pas dopante, la pratique, en revanche, est interdite par la loi. D’autres produits suspects sont en cours d’analyse.

Vers une suspension à titre conservatoire ?

Si ce dossier reste donc encore très flou, il s’avère moins explosif que prévu. Le procureur a en effet écarté l’hypothèse d’un dopage en bande organisée : « Les enquêteurs n'ont pas d'éléments qui démontrent une organisation structurée », précise-t-il.
Cette enquête qui avait été ouverte il y a un an sur dénonciation a été réactivée avant le Tour de France. Des écoutes téléphoniques avaient permis d’établir des liens suspects entre le coureur et ce naturopathe.
Le Tour de France 2012 entaché par un acte isolé : c’est l’hypothèse que veut retenir David Lappartient, le président de la Fédération française de cyclisme (FFC) : « L’équipe de Rémy Grégorio n’est semble-t-il en rien impliquée. On va réfléchir à la suite à donner au niveau de la Fédération française de cyclisme. Cela pourrait passer par une suspension à titre conservatoire assez rapidement. » En tout cas, si les faits de dopage qui lui sont reprochés sont avérés, l’équipe Cofidis n’hésitera pas à licencier son coureur.

Aurélien Brossier avec PYL