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Dopage : une ombre moins pesante

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler - -

Même si un coureur, le Russe Alexandr Kolobnev (Katusha), a été contrôlé positif et exclu lors de la première semaine, le sujet du dopage n’a pas prévalu lors de ce Tour sur l’actualité sportive. Cette Grande Boucle aurait-elle été celle du renouveau du cyclisme ?

Le bus de la Quick Step, fouillé par des gendarmes à La Roche-sur-Yon. Ses coureurs contrôlés dans la foulée à leur hôtel. De la suspicion et des inquiétudes. Une ombre, celle du dopage, qui plane déjà sur l’édition 2011 à la veille de son départ. Un mauvais pressentiment renforcé par la présence sur la Grande Boucle d’Alberto Contador, empêtré dans l’affaire de son contrôle positif au clenbutérol un an plus tôt et sifflé au Puy-du-Fou. Trois semaines plus tard, sur les Champs-Elysées, c’est pourtant une toute autre idée qui parcourait la foule des suiveurs.

Et si ce Tour, qui partait sous de tristes augures, avait été éthique ? Et si ce Tour, au suspense haletant, avait été celui du renouveau pour un sport à la réputation entachée depuis le début des années 1990 ? Pour en être sûr, il faudra attendre quelques semaines et la fin de l’analyse des prélèvements effectués à chaque étape. Si le contrôle positif à un diurétique du Russe Alexandr Kolobnev (Katusha) reste alors le seul et unique du Tour 2011, le sourire de satisfaction pourra être général. Pour le moment, Marc Madiot, le manager de la FDJ, refuse de se laisser emporter par la naïveté.

Lavenu : « Les résultats sont encourageants »

« Ça fait quinze ans qu’on parle de renouveau, regrette le double vainqueur de Paris-Roubaix. Il faut être très prudent, ce ne sont que des paroles. Je crois plus aux actes. On a toujours tendance à s’enthousiasmer sur l’instant présent. Avec le recul, on voit parfois les choses différemment. Juger un Tour de France, ce n’est jamais bien de le faire à chaud. » Certains de ses collègues sont un peu plus impatients.

« Le Tour a-t-il été plus propre qu’avant ? C’est un peu le sentiment que l’on a, répond Vincent Lavenu, le manager d’AG2R La Mondiale. Même si le monde du cyclisme ne cherche pas à mettre ces choses-là en avant. Parce qu’on parle déjà de dopage sans arrêt alors qu’on sait très bien que le sport cycliste est le seul à se battre à 100% contre le dopage. Mais les résultats sont encourageants et permettent aux jeunes Français de se mettre en évidence. »

Voir les Bleus tenir la roue des meilleurs dans les étapes de montagne, faire un tir-groupé au général avec cinq d’entre eux dans le top 15 et s’imposer avec brio à l’Alpe d’Huez grâce à Pierre Rolland, serait donc ce qui pourrait arriver de mieux au vélo. Ce serait un brin exagéré et à coup sûr un point de vue trop franchouillard. Cadel Evans, plus vieux vainqueur de l’après-guerre à 34 ans, apporte à sa façon un autre éclairage. Sa sagesse est peut-être le symbole de ce Tour.