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Etre cycliste pro, c’est bon pour la santé !

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Malgré l’arrivée massive de l’EPO, les affaires de dopage et la suspicion, une étude démontre que les cyclistes français ayant participé au Tour de France vivent 6 ans de plus que le commun des mortels. Explications.
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Voilà une étude qui devrait en réjouir plus d’un. Quitte à tordre le coup à une idée reçue. Les cyclistes français ayant pris part aux Tours de France d’après-guerre vivent en moyenne 6 ans et 4 mois de plus que leurs concitoyens. C’est en tout cas ce que révèle une observation sur la mortalité présentée ce mardi au congrès de la Société européenne de cardiologie qui se tenait à Amsterdam. C’est le Pr Jean-François Toussaint de l'IRMES (Institut de recherche médicale sur le sport) qui a réalisé l'étude en collaboration avec Eloi Marijon (Inserm), Grégoire Rey (Inserm-CépiDC) et l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP).

Ce sont ainsi 786 coureurs français ayant terminé au moins une fois le Tour de France depuis 1947 qui se sont retrouvés objets de l’étude. Ce qui frappe avant tout, ce sont les chiffres : 41% des anciens coureurs cyclistes ont une espérance de vie supérieure à la moyenne nationale. Mieux, quand l’étude se penche sur les mortalités spécifiques, il en ressort que le risque de décès par cancer est inférieur de 44%, par cause respiratoire de 72% ou cardio-vasculaire de 33%. « Nous avions des pistes qui montraient que les cyclistes sont à leur place dans la grande famille des sportifs de haut niveau, détaille Jean-François Toussaint. C’est une première porte que nous ouvrons et qu’il faudra montrer dans d’autres disciplines. »

Pas assez de recul avec l'EPO

Une étude qui en appellera certainement d’autres. Car le spécialiste l’admet lui-même : « On ne démontre pas l’innocuité du dopage. Concernant les années EPO, nous n’avons pas assez de recul pour mesurer sur le long terme. » Le docteur Alain Ducardonet reprend : « Comme toutes les études, elles ne sont pas complètes décrypte le consultant pour RMC. On a étudié la mortalité, mais il faut également étudier la morbidité, les maladies induites. On a un certain nombre de pathologies induites par les activités physiques à très haut niveau. Ça ne fait pas mourir, mais ça complique la vie des gens. »

La principale explication est sans doute à chercher du côté des prédispositions des sportifs, mais également leur faculté à s’imposer des charges de travail très lourdes et à s’astreindre à une hygiène de vie impeccable. Que ce soit pendant leur carrière, ou après pour une grande partie d’entre eux. « Un sportif qui arrête sa carrière est en bien meilleure santé que ceux qui se font tequila, vodka, joint et le reste, balance Cyrille Guimard, 5 Tours de France au compteur. C’est logique que les sportifs aient une meilleure santé et une capacité à vivre plus longtemps que les autres. On ne brûle pas la chandelle par les deux bouts et ce n’est pas parce qu’on s’explose dans une bosse qu’on met sa santé en danger. »

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Pierrick Taisne