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Farrar, une lanterne rouge qui ne lâche rien

Tyler Farrar

Tyler Farrar - -

Après deux semaines galères, le sprinteur Tyler Farrar est la lanterne rouge du Tour de France. Un statut pas forcément drôle mais dont le coureur de la Garmin-Barracuda s’accommode, lui qui lutte au quotidien pour essayer d’atteindre Paris.

Qu’est-ce que Wim Vansevenant, Yauheni Hutarovich ou Vincent Jérôme ont en commun ? Eh bien tous ont connus le triste sort de terminer dernier d’un Tour de France. La fameuse lanterne rouge du peloton, que tient aujourd’hui Tyler Farrar. Arrivé sur le Tour de France avec la volonté de rivaliser avec Greipel et Cavendish dans les sprints massifs, le sprinter attitré de la Garmin-Barracuda avait de l’ambition à revendre. Peut-être même pouvait-il viser le maillot vert. Seulement voilà, après des chutes en série lors de la première semaine, l’Américain a fait le deuil de ses objectifs. Et ne pense désormais plus qu’à une seule chose : rejoindre Paris et réussir à boucler son Tour de France. « Il connait beaucoup de journées difficiles dans ce Tour de France, lâche, lucide, son directeur sportif, Allan Peiper. Pendant la première semaine, il a chuté quatre fois. Samedi, il voulait faire le sprint mais il n’avait pas la force dans la dernière côte. »

« Il essaye déjà de terminer la course, poursuit Jonathan Vaughters, le manager général de la Garmin. Je lui ai laissé le choix de continuer s’il voulait et s’il pouvait continuer la course après ses chutes. Le médecin a dit que c’était 50/50, mais il veut faire l’effort. » Car l’Américain, dans un français presque parfait (il a couru deux saisons chez Cofidis), met un point d’honneur à relier la capitale. Coûte que coûte, et quelle que soit la place. « Je veux arriver à Paris et j’espère que je peux le faire, insiste-il. Être la lanterne rouge, c’est toujours quelque chose dans le Tour. Non pas que je veux être dernier, mais je le suis, alors on verra pour la suite. »

Une victoire d’étape avant la fin ?

Le sprinter n’a jamais eu d’ambition au classement général et les 2 h 47 de retard qu’il accuse sur Wiggins au soir de la 14ème étape ne sont qu’anecdotiques. Mais à écouter son entourage, « en claquer » une à Paris reste possible. En tout cas, Peiper veut y croire : « On en a parlé et ça va venir, le succès va arriver. Comme beaucoup de coureurs, il faut se battre parce que tu ne sais jamais quand ça va arriver ».

« Il reste des opportunités pour lui, c’est clair », estime Vaughters. Comme la plus belle pour un sprinteur, programmée dimanche prochain au pied de l'Arc de Triomphe. Mais à une seule condition : que Tyler Farrar passe les terribles Pyrénées. Un massif qui fait peur à tout le peloton. A la lanterne rouge, peut-être plus qu'aux autres.