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Kerrison, le cerveau de la Sky

Tim Kerrison

Tim Kerrison - -

Tim Kerrison se pose comme l’une des clefs de voute de la formation Sky. Issu du monde de la natation où il a notamment coaché Ian Thorpe, le grand manitou de la préparation physique modèle des champions depuis presque 20 ans. Portrait.

Il a transformé Wiggins en grimpeur. Il a fait de Froome un possible vainqueur du Tour. Il a façonné la Sky pour en faire une équipe capable de museler la plus grande course du monde. Et pourtant, son nom ne vous dit certainement rien : Tim Kerrison. Pour comprendre l’influence de cet homme de l’ombre, Bradley Wiggins ne dit rien d’autre à son sujet : « Tim est le cerveau. Il a changé ma carrière. Totalement. »

Ancien préparateur d’un des plus grands nageurs du l’Histoire, à savoir l’Australien Ian Thorpe, Kerrison a été sollicité par la formation Sky dès sa création, en 2009. Le technicien effectue alors le grand saut dans le monde du cyclisme. « En 2009, j’ai été recruté par la Sky, raconte-t-il. J’étais spécialisé dans la natation mais la Sky cherchait justement une nouvelle approche un peu extérieure au monde du vélo. »

Le discours de la méthode

Une nouvelle approche, soit. Mais pourquoi être allé chercher Kerrison en particulier ? La réponse tient en deux mots : rigueur et méthode. La marque de fabrique de l’entraîneur australien. « J’ai passé beaucoup de temps à regarder ce qu’il fallait faire pour gagner des grosses courses, ce qu’il fallait faire pour gagner le Tour de France, ce qu’il fallait physiquement faire pour chacun, ce dont nous avions besoin dans l’équipe pour réaliser un bon Tour, explique-t-il. J’ai passé du temps à analyser les performances de tout le monde. Ensuite, j’ai aidé les coureurs à développer ce que nous pensions nécessaire pour aider l’équipe à gagner ce Tour de France. »

Comme s’il s’agissait d’une logique infaillible et d’une méthode presque naturelle, Kerrison ajoute : « Malgré leurs différences, on utilise une approche similaire avec tous les coureurs. On prend en considération ce qu’ils ont besoin de travailler et ce qu’ils sont capables de faire. » Une approche cartésienne basée sur le travail et l’amélioration des performances individuelles, et dont les conséquences sont aujourd’hui implacables avec deux coureurs sur le podium du Tour, une 2e place au classement par équipes et surtouts un succès final qui se profile.