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L’AFLD revient sur le Tour

Presque bannie en 2010, l'AFLD revient sur le Tour par la grande porte

Presque bannie en 2010, l'AFLD revient sur le Tour par la grande porte - -

Quasiment bannie du Tour 2010 en raison des relations exécrables entretenues par l’ancien patron de l’AFLD avec l’UCI, l’Agence revient cette année sur l’édition de la Grande Boucle qui débute le 2 juillet en Vendée. Le peloton est prévenu.

L’Agence française pour la lutte contre le dopage tiendra une conférence de presse ce jeudi après-midi dans ses locaux parisiens. Au menu, la très officielle présentation du bilan d’activité 2010. En creux, l’actualité du Tour de France (2-24 juillet), marquée en coulisses par la présence de l’Agence sur la Grande Boucle. Un événement dans l’événement, qui n’a pas échappé à l’Union cycliste internationale, qui enverra jeudi dans la capitale française deux de ses représentants.

Le retour de l’AFLD en tant que prestataire unique des contrôles et des analyses sur l’épreuve, comme ce fut le cas en 2008, est une mini-révolution, un an après la désastreuse campagne 2010, assombrie par la bataille que se sont menés l’UCI et le gendarme français de la lutte antidopage. Un conflit entretenu au plus haut niveau par le président de l’AFLD d’alors, Pierre Bordry (2006-2010), et son homologue de l’UCI, l’Irlandais Pat McQuaid. Le premier taxant la Fédération internationale de complaisance envers le peloton, le second accusant le conseiller d’Etat de distiller des fuites dans la presse. Une guerre de positions qui avait valu aux protagonistes une remontée de bretelles de la part de l’Agence mondiale antidopage, invitant, dans le rapport des observateurs indépendants de l’AMA sur le Tour 2010, les deux parties à renouer le dialogue dans l’intérêt supérieur du cyclisme.

Plus de 600 contrôles prévus

Le successeur de Bordry, Bruno Genevois, en a fait une de ses priorités. Un premier pas a été franchi sur Paris-Nice, renouvelé sur le Critérium du Dauphiné. Satisfaites, l’UCI et l’AFLD ont signé dans la foulée la convention marquant le retour de l’Agence sur le Tour. La direction des contrôles de l’AFLD aura, comme il y a trois ans, les coudées franches pour désigner les coureurs. En plus des tests classiques effectués aux arrivées (entre 6 et 8 par étape), les médecins-préleveurs choisis par l’Agence opèreront matin et soir des contrôles inopinés dans les hôtels des équipes. Au total, quelques 400 prélèvements (dont la moitié pour le profilage destiné au passeport biologique de l'UCI) sont prévus. Les échantillons seront analysés au laboratoire de Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine) ; les tests pour le passeport, menés avant le départ, iront à Lausanne. L’édition 2008 avait été marquée par neuf cas de dopage, dont celui de Riccardo Ricco, détectés pendant et après l’épreuve. Le peloton est prévenu.

Le titre de l'encadré ici

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ASO mauvais payeur ?
L’AFLD et l’UCI sont confrontés à une difficulté inhabituelle avec l’organisateur, Amaury Sport Organisation, qui rechigne à régler la note des prélèvements pratiqués, comme c’est de coutume, les semaines précédant le Tour. Il s’agit de tests ciblés et inopinés menés en mai et en juin pendant la période de préparation des équipes. Montés à 60 en 2010, ces contrôles pré-Tour devraient, selon nos informations, péniblement atteindre la moitié cette année, en raison des retards pris dans le programme, et des incertitudes quant à son financement. L’AMA, via le rapport de ses observateurs indépendants sur le dernier Tour, avait pourtant été sans équivoque : « La contribution de l’organisateur à la campagne de tests avant l’épreuve doit être poursuivie parce qu’elle participe aux bonnes pratiques dans le cadre de la lutte antidopage (…). » Un message arrivé jusqu'aux oreilles d’ASO ?

Louis Chenaille