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L'hommage de Prudhomme à Cavendish, qu'il ne pensait plus revoir après le Tour de France 2018

Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, a rendu un vibrant hommage à Mark Cavendish. Le sprinteur britannique, vainqueur à Carcassonne ce vendredi, a ajouté une 34e étape de la Grande Boucle à son palmarès. De quoi égaler le record mythique d'Eddy Merckx.

Entre 2008, date de ses premiers succès sur le Tour de France, et cette année, Mark Cavendish a bien changé. Réputé très arrogant à ses débuts, le sprinteur britannique a pris de l'âge et n'hésite plus à laisser parler sa sensibilité. Mais à 36 ans, le "Manx Express" continue d'empiler les étapes sur la Grande Boucle.

S'il s'est dit surtout très fatigué ce vendredi pour sa 34e victoire d'étape en carrière sur le Tour de France, Mark Cavendish était aussi très ému. Mais il a refusé pour autant d'être comparé à Eddy Merckx, qu'il venait tout juste d'égaler au nombre d'étapes remportées sur la plus grande épreuve cycliste du monde.

"On ne peut jamais comparé les coureurs à Eddy Merckx. Il restera toujours le plus grand cycliste de tous les temps. C'est une référence, une sorte d'icône. Moi j'ai gagné sur des sprints massifs la plupart du temps. Je ne crois pas qu'on puisse se comparer à Merckx", a concédé Mark Cavendish ce vendredi au micro de France Télévisions.

"Il vient de rejoindre l'inaccessible", estime Prudhomme

Pourtant, comme l'a indiqué Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, Mark Cavendish songeait depuis longtemps au record mythique d'Eddy Merckx. "Je me souviens, il y a 7 ou 8 ans, lors d'un Tour d'Oman où on avait du temps, j'avais demandé à Mark Cavendish s'il connaissait André Darrigade. Il m'avait répondu: 'Darrigade 22, Hinault 28 et Merckx 34'. Je ne sais pas combien il avait de victoires à l'époque mais il avait sans doute déjà ça en tête, a confié Prudhomme au micro de RMC Sport. Cela montrait aussi sa connaissance du cyclisme et son envie de rejoindre l'inaccessible. Il vient de rejoindre l'inaccessible. C'est un sprinteur phénoménal, qui a connu des hauts et des très bas. Il aime viscéralement le Tour de France. Pour lui déjà, c'était fou d'être sélectionné, il m'avait envoyé un message avant le départ."

Surtout, Eddy Merckx pensait sans doute ne pas être rejoint avant un bon moment. Mark Cavendish, la plus grande menace, s'orientait vers sa retraite en fin de saison dernière. Avant de retrouver son ancienne équipe Deceuninck Quick-Step pour une dernière pige. Un pari réussi pour Cavendish et la formation de Patrick Lefevere, avec désormais 4 bouquets sur ce Tour de France.

"Il méritait une meilleure sortie"

"Quand il commence à gagner, Cavendish gagne. Cela a toujours été comme ça. Il ne gagne pas forcément le premier sprint mais ensuite il les gagne tous, a commenté encore Christian Prudhomme. Cela n'est évidemment pas le plus grand coureur de l'histoire du Tour de France, c'est Eddy Merckx. Mais c'est sans aucun doute le plus grand sprinteur de l'histoire du Tour et du cyclisme. Dans ses 34 victoires, il a tout fait. Il a gagné avec un train, sans aussi. En se faufilant aussi, c'est un sprinteur-né. Le Tour de France représente tout pour lui, c'est son histoire."

Même s'il était de retour avec Deceuninck cette année, Mark Cavendish ne devait même pas prendre le départ de la course. Il a appris sa sélection quelques jours avant le Grand Départ de Brest, après des problèmes physiques de Sam Bennett, le sprinteur numéro 1 de l'équipe. L'expérimenté remplaçant a rendu la confiance accordée. "En 2018, il avait fini en dehors des délais lors d'une étape, la gendarmerie voulait à nouveau ouvrir la route tellement il avait du retard, raconte encore Prudhomme à propos du sprinteur de l'île de Man. Nous avions dû batailler pour lui, en pensant que ce serait peut-être son dernier jour sur le Tour de France. Il voulait honorer le Tour. Je me disais qu'il méritait une meilleure sortie, il va en avoir une très belle."

Guillaume Lepere Journaliste RMC Sport