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Les petits bras se ramassent à la pelle

Andy Schleck

Andy Schleck - -

Derrière la victoire d’étape de Jelle Vanendert et l’exploit de Thomas Voeckler pour conserver le maillot jaune à l’issue de la 14e étape, au sommet du Plateau de Beille, les favoris ont une nouvelle fois déçu avec leur jeu de dupes habituel. Ils n’ont plus que les Alpes pour se réveiller. Retour sur la journée des favoris.

Andy Schleck (4e du général à 2'15'')

Son plateau de Beille ? Quatre attaques dans la montée, franches mais jamais soutenues. Comme trop souvent, Andy se retourne au bout de 50 mètres. Pour voir où en sont les autres. Où en est son grand frère, Fränk, mieux placé au général. Une attitude façon « comptes d’épicier » encore vue dans le dernier kilomètre avec son accélération pour grappiller… deux secondes sur Cadel Evans et autant sur Alberto Contador. La question se pose : Andy a-t-il, cette année, les moyens de ses ambitions ?

Fränk Schleck (2e du général à 1'49'')

Une petite attaque à plus de 8 bornes du sommet. Et puis c’est tout. Avec un Contador en petite forme, le mieux placé des favoris au général avait pourtant l’opportunité de frapper un grand coup. Mais la prudence d’Andy se retrouve aussi chez lui. Il finira peut-être par le regretter. Sauf s’il n’a tout simplement pas les jambes pour secouer le cocotier des hommes forts de ce Tour. Seule consolation ? Deuxième du général, il reste un possible vainqueur à Paris. Mais il devra prendre du temps sur Evans, meilleur en contre-la-montre.

Cadel Evans (3e du général à 2'06'')

Et d’un coup, comme ça, sans prévenir, il est monté sur ses pédales. Miracle. Le « suceur de roue » australien a attaqué en montagne ! A… 1,8 km de l’arrivée, histoire de limiter les dégâts en cas de contre fatal. Vite repris, il n’en a pas rajouté. Troisième du général, et en position de force avec ses qualités de rouleur (en vue du contre-la-montre la veille de l’arrivée) si les choses restent en l’état, Evans ne doit pas attaquer à tout prix. Mais quitte à le voir en jaune à Paris, on aimerait bien qu’il y rajoute un poil de panache. Pour une fois.

Alberto Contador (7e du général à 4'00'')

Le mystère continue. On ne l’a pas vu tenter sa chance une seule fois au Plateau de Beille. Mais il a bouché le trou, sans problème, sur l’attaque la plus tranchante de son rival Andy Schleck. Malmené depuis le début du Tour, clairement pas dans sa forme habituelle en haute montagne après un Giro très éprouvant, Alberto n’est pas le Contador des éditions précédentes. Mais ne voit pas ses adversaires s’envoler pour autant. S’il parvient à maintenir cette situation, il reste dangereux pour le contre-la-montre à la veille de l’arrivée. Et s’il retrouve des jambes en dernière semaine, l’envie de montrer qui est le patron pourrait le pousser à faire exploser tout le monde dans les Alpes.

Ivan Basso (5e du général à 3'16'')

Pas réputé pour son caractère offensif, l’Italien a tenté de s’extirper du groupe des leaders à quatre reprises. Au train et en force, dans son style habituel, mais sans jamais décrocher ses adversaires. Il semble avoir de bonnes jambes. Suffisantes pour bousculer les choses dans les Alpes ? On en doute. Mais il faudra compter sur lui.