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Les tops et les flops du Tour 2011

Pierre Rolland et Thomas Voeckler

Pierre Rolland et Thomas Voeckler - -

La Grande Boucle a été bouclée ce dimanche sur la victoire au sprint de Mark Cavendish, son 20e sur le Tour, et l’avènement attendu de l’Australien Cadel Evans. Pour le reste, que retiendra-t-on de cette 98e édition ?

LES TOPS

Du suspense jusqu’au bout
Pour beaucoup, ce Tour de France 2011 a été le plus passionnant de ces dix dernières années… puisque soumis à l’indécision la plus totale. Les pépins du tenant Alberto Contador, la défense jusqu’à la dernière étape de montagne du maillot jaune par Thomas Voeckler et la victoire finale seulement disputée lors du dernier contre-la-montre auront maintenu en haleine tous les fans de la « petite reine ». « Le Tour 2011 ? Génial, s’extasie le quintuple vainqueur Bernard Hinault. Il y a eu une belle bagarre. L’incertitude née du temps perdu par Contador dès la 1e étape a donné un petit peu de piment au reste. »

Des Français qui punchent
Cinq Français dans le Top 15 (Voeckler, Rolland, Péraud, Coppel et Jeannesson), le maillot blanc de meilleur jeune (Rolland), celui du super-combatif (Roy) et le jaune de leader pendant dix jours (Voeckler) : le cyclisme français a rayonné cette année. « L’équipe Europcar s’est mise en évidence mais les autres coureurs, notamment les jeunes, se sont bien battus. Ça met du baume au cœur pour l’avenir », juge Vincent Lavenu, le directeur sportif d’AG2R La Mondiale et de Jean-Christophe Péraud. Et cela relance l’espoir de voir, dans un futur proche, un Français remporter le Tour.

Des Norvégiens qui épatent
Mark Cavendish out, ils auraient régné en maître avec quatre victoires d’étape à leur actif. Sauf que le Britannique était bien là et que le coureur d’HTC-Highroad compte un succès de plus (5) que ses fameux rivaux. Ils, ce sont les deux Norvégiens du Tour. Des acteurs majeurs de la compétition, comme le prouvent les sept jours en jaune de Thor Hushovd, ses deux victoires d’étape (Lourdes, Gap) ainsi que les deux également remportées par Edvald Boasson Hagen. Dommage pour le camp scandinave, très marqué par les attentats d’Oslo, que tous ces efforts n’aient pas accouché d’un maillot au final.

LES FLOPS

Des favoris sans jus
Facile vainqueur du Giro, Alberto Contador était attendu sur les routes du Tour. Mais le tenant du titre n’a jamais été dans le coup. Amoindri par un genou douloureux et gêné d’entrée par une chute dans la 1e étape, le Madrilène a craqué dans le Galibier. Ni son baroud d’honneur à l’Alpe d’Huez ni sa 3e place dans le contre-la-montre de Grenoble ne lui auront permis d’atteindre le podium. Ce dernier voit, pour la première fois dans l’histoire du Tour, deux frères monter sur ses marches. Mais les Schleck avaient d’autres ambitions que d’encadrer Evans sur la boîte. Les Luxembourgeois paient finalement au prix fort leur stratégie commune, malgré le sacrifice en fin de Tour de Fränk pour Andy.

Du dopage, hélas
Dans un Tour aussi emballant, Alexandr Kolobnev fait figure de mauvaise blague. Celle dont l’épreuve se serait bien passée. Contrôlé positif à l'hydroclorotiazide, un diurétique, à l’arrivée au Cap Fréhel (cinquième étape), le Russe de l’équipe Katusha a été immédiatement exclu de la compétition. Le double vice-champion du monde sur route (2007, 2009) fera logiquement l’objet d’une procédure disciplinaire. En attendant, il a rappelé au public du Tour que le dopage est toujours présent. En attendant, qui sait, d’autres mauvaises surprises après le résultat des dernières analyses ?

Des routes de plus en plus dangereuses
Les voies du Tour n’ont parfois rien à envier aux bouchons du périphérique parisien. Sauf que le trafic rencontré en cours d’étape n’est pas seulement dense. Il est également dangereux et ce Tour 2011 a été marqué par plusieurs accrocs. Le plus spectaculaire d’entre eux fut bien évidemment la chute de Juan Antonio Flecha et Johnny Hoogerland, percutés par une voiture technique siglée France Télévisions lors de l’étape de Saint-Flour. Un incident sans gravité, tout comme la chute de la 1e étape, provoquée par un jeune adolescent et à l’origine des ennuis d’Alberto Contador. Rien de plus normal, du coup, de voir l’Espagnol repousser violemment un malotru déguisé en médecin en pleine ascension de l’Alpe d’Huez. La tenue des supporters n’a d’ailleurs pas été exempte de tout reproche, particulièrement en montagne. Enthousiasme n’exclut pas prudence…