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Prudhomme : « Ça nous promet des joutes endiablées »

Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France

Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France - -

Directeur du Tour de France, Christian Prudhomme est impatient d’assister à de nouveaux duels entre Chris Froome et Nairo Quintana en haute montagne dans les prochaines années. L’un est le grand vainqueur de cette 100e édition. L’autre en est la grande révélation.

Christian Prudhomme, Christopher Froome vous a-t-il impressionné sur ce 100e Tour de France ?

Sans aucun doute. On peut se demander si l’an passé, sans Bradley Wiggins, il n’aurait pas pu gagner aussi. Chris Froome a 28 ans. C’est un grimpeur impressionnant avec un style qui peut surprendre. Il était au-dessus cette année dans la montagne. C’est un vainqueur de nouvelle génération.

Avec Nairo Quintana ?

C’est un vrai symbole. C’est le retour des Colombiens sur le Tour de France. Il a 23 ans. Il a gagné le Tour de l’Avenir il y a trois ans. Son visage est formidable. Il est heureux d’être sur la Grande Boucle. Nairo Quintana a une histoire. Chaque jour, dans son village à 3000m d’altitude, il devait descendre 18 km pour aller à l’école et ensuite les remonter pour rentrer chez lui. Il a un physique de grimpeur.

C’est la révélation de ce Tour de France…

Le grand public le découvre. Et pourtant, les gens, au bord de la route, crient déjà son nom. C’est une mascotte. Il faudra certainement compter sur lui dans les années à venir. Ça nous promet des joutes endiablées dans les cols.

« Le bilan des Français est décevant »

Ce parcours a-t-il été une réussite ?

Ce n’est pas à moi de le dire, mais je suis heureux. Il y avait beaucoup de défis, à commencer par la Corse. C’est un défi réussi. La double ascension de l’Alpe d’Huez a été une grande réussite. Il y avait un monde fou de partout. Les audiences ont également été au rendez-vous. Tous les éléments étaient présents pour me faire dire que c’était un beau Tour de France.

Etes-vous satisfait par la course en elle-même ?

Oui, car elle s’est décantée par l’avant. Quand une compétition cycliste s’anime par des attaques à l’avant, c’est beaucoup plus intéressant. Outre les attaques individuelles, il y a eu des stratégies d’équipe que nous n’avions plus vues depuis longtemps. Je pense notamment à la 13e étape, à Saint-Amand-Montrond, avec le coup de la bordure. C’était exceptionnel. Il y a aussi eu du mouvement dans les Pyrénées, sur la route d’Albi (7e étape), dans l’Alpe d’Huez.

Comment expliquez-vous les contre-performances des Français ?

Globalement, le bilan est décevant. En 2011 et 2012, ils avaient pesé sur la course. Mais pour moi, la victoire de Christophe Riblon à l’Alpe d’Huez compte triple. Son succès restera inoubliable. C’est la victoire d’un homme et d’une équipe. Tout cela 24 heures après la chute de Jean-Christophe Péraud, qui aurait pu finir dans les dix premiers, sur le contre-la-montre de Chorges. La victoire de Riblon est en quelque sorte une revanche formidable. C’était extrêmement émouvant.

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