RMC Sport

Prudhomme : « Nous souhaiterions avoir plus de choix »

Christian Prudhomme

Christian Prudhomme - -

Trois équipes françaises (Europcar, Cofidis et Sojasun) ont été retenues ce samedi pour la 100e édition de la Grande Boucle, qui s’élancera de Corse le 29 juin prochain. Son directeur Christian Prudhomme justifie ce choix et regrette de ne pas avoir plus de latitude pour retenir une formation supplémentaire.

Christian, vous n’avez le droit qu’à trois invitations, ce qui vous laisse très peu de latitude…

C’est l’un des soucis. D’ordinaire, nous pouvons choisir quatre formations, mais cette année, comme Katusha a été réintégré par le Tribunal arbitral du sport, 19 équipes sont imposées en vertu des règlements internationaux. Dans l’absolu, on aimerait avoir plus de choix.

Comment avez-vous effectué votre choix ?

La sélection s’est faite en tenant compte des paramètres sportifs mais aussi de cette 100e édition, intégralement sur le territoire français. Au final, nous avons choisi les trois premières équipes du classement Europe Tour, à savoir Europcar, Cofidis et Sojasun. Pour Europcar, nul ne doutait qu’ils seraient au départ du Tour de France avec Thomas Voeckler et Pierre Rolland. Pour le moment, Cofidis n’a pas eu de résultats probants mais ils ont deux coureurs capables de terminer dans le Top 15 avec Jérôme Coppel et Rein Taaramae. Et pour la dernière place, il y a eu une âpre bataille entre les Français de Sojasun et les Suisses de IAM.

L’argument national est-il important ?

Bien sûr que ça a joué, et encore plus pour cette 100e édition. IAM est une équipe bien née, c’était presque un crève-cœur de ne pas les prendre et c’est là que je regrette de ne pas avoir eu cette quatrième possibilité. L’équipe suisse aurait mérité d’être au départ. Sojasun est également une équipe solide, elle a eu quelques départs lors de la dernière intersaison mais qui possède des coureurs comme Julien Simon ou Jonathan Hivert, capables de gagner des étapes. On ne regrette pas une seule seconde notre choix.

« Nous ne sommes pas les tout-puissants »

Le Giro accueillera 23 équipes au départ de Naples, le 4 mai prochain. Le Tour aurait-il également pu le faire ?

C’était bien évidemment possible, mais on ne peut pas dire qu’il y a trop de coureurs dans le peloton et demander une dérogation pour avoir plus de 200 coureurs, et c’est le maximum permis. Le peloton est de plus en plus nerveux, les coureurs protègent de plus en plus leur leader. Le niveau général est de plus en plus homogène, donc nous ne pouvions pas aller contre la sécurité du peloton. Si ça ne tenait qu’à nous, il n’y aurait pas 200 coureurs, mais moins.

Le passage de neuf à sept coureurs est-il envisageable dans le futur ?

Nous en serions ravis mais cela dépend de l’UCI et des règlements. Nous pouvons d’ailleurs avoir une influence sur l’UCI mais nous ne sommes pas les « tout-puissants » comme certains l’imaginent. Nous prônons des équipes de 8, mais on se heurte à l’opposition des grosses équipes qui veulent le maximum d’équipiers pour protéger leur leader. A mon sens, plus sûrement que le retrait des oreillettes, un équipier de moins devrait donner plus de crédit aux attaquants plutôt qu’aux équipes qui cadenassent la course.

Le monde du cyclisme parle d’une ligue fermée. Une décision devrait être prise en juin prochain. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas du tout ce que l’on souhaite. Nous sommes opposés à ce système de ligue fermée. On s’est toujours battu et on l’a déjà dit. On souhaite un système ouvert, avec une montée des meilleures équipes de la division inférieure et une descente des moins bonnes équipes de première division. Ça me parait capital.

A lire aussi

>> Tygart : « L’UCI doit tenir ses promesses »

>> Prudhomme : « Une bataille âpre entre Sojasun et IAM »

>> L’UCI répond à Tygart