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Prudhomme : « Tout le Royaume-Uni est converti au Tour de France »

Christian Prudhomme

Christian Prudhomme - -

A une semaine du départ du 101e Tour de France, dans la ville anglaise de Leeds, Christian Prudhomme, le patron de la Grande Boucle, annonce pour RMC Sport que la ferveur sera énorme outre-Manche.

Christian Prudhomme, ce Tour de France va débuter en pleine Coupe du monde. Est-ce une concurrence pour la Grande Boucle ?

Non, on se réjouit d’abord des bonnes performances de la France. Ensuite, la Coupe du monde ne sera pas un concurrent, pas en Angleterre en tout cas. La sélection de cette gracieuse Majesté est partie plus vite que ça n’était jamais arrivé. Le Yorkshire, qui va nous accueillir pour le départ, nous attend les bras ouverts, avec une ferveur et un enthousiasme incroyables, des maisons repeintes en jaune, des pois rouges dessinés sur des maisons blanches, une Tour Eiffel qui a été découpée dans un arbre mort à l’arrivée à Harrogate et avec, enfin, la présence de Kate Middleton, du Prince William et du Prince Harry lors de la première journée. Tout le Royaume-Uni est converti au cyclisme et au Tour de France.

Pourquoi partir d'Angleterre ?

Certains oublient que le Tour part de l’étranger depuis 1954. Si on veut faire en sorte que davantage de gens s’intéressent à une épreuve, il y a trois possibilités. Avoir des champions, mais ça, on ne le décrète pas. Il y a aussi la diffusion, et pour le Tour, elle est planétaire. Et puis il y a le fait d’aller régulièrement à l’étranger. Ainsi, vous mettez en valeur votre épreuve française, votre territoire et les gens suivent après pendant les trois semaines. On va chercher à l’étranger de la passion et de la ferveur.

« On ne pose ces questions (sur le dopage) qu'avant le départ du Tour »

En tant que patron du Tour, est-on inquiet lorsque des affaires plus ou moins liées au dopage rejaillissent, comme c'est encore le cas cette année avec Chris Froome, qui aurait bénéficié d'un coup de pouce de l'UCI pour obtenir une autorisation à usage thérapeutique ?

La caisse de résonnance du Tour de France est tellement importante que chacun veut s’en servir, que ce soit pour se mettre en avant ou dénoncer quelque chose. Ensuite, sur le fond, il y a quelques années, il y aurait assurément eu une bagarre entre l’Union cycliste internationale et l’Agence mondiale antidopage. Or là, ce n’est pas le cas. Cela prouve que les choses évoluent dans le bon sens. Evidemment, plus les autorisations à usage thérapeutique seront contrôlées, mieux ce sera. Mais c’est le cas pour tous les sports. Encore une fois, on ne pose ces questions-là qu’avant le départ du Tour de France. En toute équité, il faudrait les poser avant toutes les autres épreuves.

On annonce une bagarre entre Froome et Contador. Un autre coureur peut-il se mêler à la bagarre, et pourquoi pas un Français ?

Le Critérium du Dauphiné a été la meilleure bande annonce possible avec ce duel Christopher Froome-Alberto Contador, des attaques, de l’offensive, et c’est un troisième coureur qui en a profité avec la victoire de l’Américain Andrew Talansky. Le Tour, bien sûr, ce n’est pas pareil mais je suis convaincu qu’il y a la place pour des coups tactiques. C’est ce que je souhaite avec les deux favoris, mais derrière, d’autres coureurs, Tejay Van Garderen, peut-être Vincenzo Nibali qui est plutôt moins bon jusqu’à présent que les années précédentes mais qui a axé toute sa préparation pour le Tour. Enfin côté français, on n’a pas un vainqueur potentiel dans le peloton mais quatre coureurs peuvent terminer dans les dix premiers : Pierre Rolland, Thibaut Pinot, Jean-Christophe Peraud et Romain Bardet, meilleur français du Tour l’an dernier (15e).

Propos recueillis par RMC Sport