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Rolland : « J’aurai peut-être un virage à mon nom… »

Pierre Rolland peut savourer sa superbe victoire à l'Alpe d'Huez.

Pierre Rolland peut savourer sa superbe victoire à l'Alpe d'Huez. - -

Superbe vainqueur au sommet de l’Alpe d’Huez après dix jours à donner toutes ses forces pour Thomas Voeckler, le nouveau maillot blanc savoure son jour de gloire. La France du cyclisme a-t-elle trouvé son futur grand avec ce coureur aérien en montagne ?

Pierre, que ressentez-vous après ce succès de légende à l’Alpe d’Huez ?

C’est une grande joie. Je n’ai pas de mots tellement je suis content. Ce n’est pas une étape du Tour que j’ai remportée, c’est l’Alpe d’Huez, un monument. Peut-être qu’un jour j’aurai un virage à mon nom (les virages de l’Alpe d’Huez sont baptisés du nom des vainqueurs au sommet, ndlr). Je remercie tous ceux qui ont cru en moi. Je pense à beaucoup de choses, à tous les sacrifices et le travail pour en arriver là.

Dans le Galibier, jeudi, vous aviez les jambes pour faire mieux qu’accompagner Thomas Voeckler dans la défense de son maillot jaune. Cette victoire est-elle une petite revanche personnelle ?

Non car je n’avais pas de frustration. Aujourd’hui, dans le Galibier, Thomas m’a dit dans l’oreillette : « Pierre, ne t’occupe plus de moi, j’ai le maillot jaune mais fais ta course, joue ta carte, va chercher le maillot blanc et l’étape ». Je le remercie et je lui tire mon chapeau. Il n’y aurait pas eu beaucoup de leaders pour dire ça. J’ai saisi l’opportunité et je viens de gagner l’étape de l’Alpe d’Huez. (Sourire.) Thomas est venu me saluer, il était très content pour moi. J’ai beaucoup travaillé pour lui depuis dix jours. Comme quoi le travail finit toujours par payer. (Rires.)

C’est aussi la première victoire d’étape française sur ce Tour. Y avez-vous pensé ?

Avec le maillot jaune de Thomas, on n’y pensait pas. Mais hier on s’est dit : « Mince, il n’y a pas de victoire française ». Aujourd’hui, quand je suis sorti à 25 kilomètres de l’arrivée, dans ma tête c’était soit je gagne, soit rien. Je ne courais pas pour faire deuxième. Cette montée de l’Alpe d’Huez, je la connais par cœur, tout comme la descente avant Bourg d’Oisans où j’allais très vite. Avoir une trentaine de secondes d’avance, tactiquement, c’était parfait. J’ai laissé faire Sanchez, ça fait un bon moment qu’ils roulent ensemble avec Contador sur le Tour et je ne voulais pas me faire avoir. J’ai battu le champion olympique et un mec qui a gagné tous les grands Tours. Je suis vraiment très content.