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Rolland vu par les siens

Pierre Rolland

Pierre Rolland - -

Premier Français à s’imposer à l’Alpe d’Huez depuis 1986, Pierre Rolland a enfin offert à la France une étape sur le Tour 2011. A 24 ans, le grimpeur est entré dans la catégorie des grands. Ses proches n’en sont pas surpris.

Ils n’ont d’yeux que pour lui. Neveux, beau-frère, sœurs sont fidèles au poste depuis mercredi et l’escale du Tour de France à Gap. Alors quand ils voient « leur » Pierre Rolland s’imposer au sommet de l’Alpe d’Huez, ils ne peuvent retenir leurs larmes. Françoise et Stéphanie, deux de ses sœurs se jettent dans les bras du petit dernier de la famille. Anne-Sophie, la troisième sœur, n’a pas pu faire le déplacement. Mais le téléphone n’est pas bien loin. « C’est quelqu’un de vrai, sincère, humble. Nous n’avons jamais douté de sa réussite », reprennent-elles en cœur. 

Elles le présentent volontiers comme le « chouchou » de la famille. Un chouchou qui ne parle pas de ses ambitions professionnelles. Mais elles, ne doutent pas de sa réussite future. Pas plus que celui qui l’ont préparé à passer dans le grand bain à l’AC Noyal-Chatillon. « Il faut qu’il comble encore quelques lacunes en contre-la-montre pour être un très grand, lâche Stéphane Heulot, aujourd’hui à la tête de Saur-Sojasun. Mais je ne doute pas de lui. Il en a les capacités car c’est un grand bosseur. »

Des sœurs émues aux larmes

Meilleur grimpeur lors du Dauphiné en 2008, Rolland (24 ans) a connu deux dernières saisons perturbées par les blessures. La progression est stoppée alors qu’il fait les beaux jours de l’équipe Crédit Agricole. « Il promettait beaucoup. Avec lui, c’est un peu une relation père-fils, se souvient son directeur sportif de l’époque, Roger Legeay, particulièrement fier de la réussite d’un homme qu’il décrit comme « poli, très correct, respectueux, qui sait vivre avec son temps » et qu’il a fait passer pro en 2007.

Dans le peloton pourtant, le garçon ne fait pas l’unanimité. Comme son leader Thomas Voeckler. Mais peu importe, la réussite est là. Et les résultats leur donnent raison. Ses sœurs sont à des années-lumière de ces considérations. Dans le froid, elles attendent patiemment que « Pierrot » sortent du contrôle antidopage. Lui fend ensuite la foule avant de se jeter une fois de plus dans les bras de sa famille. Une grosse bise de Françoise. Une grosse bise de Stéphanie et le voilà qui descend l’Alpe d’Huez direction l’hôtel. « Je vous laisse, je vais attraper froid… » Après avoir réchauffé le cœur de sa famille, de ses fans. Et d’une bonne partie de ce public français qu’il respecte tant.