RMC Sport

Sur la corde raide

Mark Cavendish

Mark Cavendish - -

La 3ème étape de ce Tour de France s’est achevée par un sprint et la victoire de l’Américain Tyler Farrar. Un de ces fous de la vitesse, qui appartient à ce monde à part du sprint dominé par le danger et l’adrénaline.

Certains les prennent pour des aliénés. Eux se nourrissent de cette adrénaline. Les sprinteurs appartiennent à un monde à part. « C’est sûr qu’on peut nous prendre pour des fous », avoue Sébastien Turgot, le sprinteur de l’équipe Europcar. Ces « fous » du peloton peuvent atteindre les 70km/h ! Et quand se profile la ligne d’arrivée, ils sont seuls au monde. « L’adrénaline arrive avec une telle puissance qu’on ne ressent plus la peur du danger, souligne Cyrille Guimard, consultant pour RMC Sport. Je savais à la borne si je pouvais gagner ou pas. Aux 400 mètres, j’avais la chaire de poule. J’aurais pu soulever 200 kg. On est alors dans un état second. Et puis, on est sprinteur, ou on ne l’est pas. C’est inné »

Romain Feillu abonde dans le sens de l’ancien Maillot jaune. « Ça m’a toujours plu de sprinter, être là, frotter, avoir des sensations. C’est un peu les mêmes sensations que de descendre une piste de ski. C’est grisant. Je me place dans les dix meilleurs, mais plutôt entre la cinquième et la dixième place. » Il faut également gérer le stress du final. « Le matin, je suis détendu. C’est sûr que quand le final arrive, je me stresse un peu plus », poursuit Turgot. Car c’est au niveau de la personnalité et au niveau du charisme que se jouent les choses.

Alors forcément, dans ce petit monde, les caractères se révèlent. Les égos ressurgissent. Dans l’œil du viseur de ses compères, le Britannique Mark Cavendish. « Les coureurs respectés doivent être respectables et Cavendish n’a pas toujours respecté les autres. Je ne lui ferai pas de cadeau », glissait avant le départ Romain Feillu, deuxième à Redon ce lundi. Le petit coureur de Vacansoleil a d’ailleurs damné le pion à la tête brulée de l’Ile de Man, puisque Cavendish, pourtant favori annoncé de cette troisième étape, n’a pu se mêler à la lutte finale. La faute à une bosse mésestimée par ses coéquipiers dans le final. Pas de seizième victoire pour le Britannique sur la Grande Boucle. Les honneurs de ce sprint iront à Tyler Farrar qui entre dans le cercle des vainqueurs sur les trois grands Tours.