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Sur le Tour, les anciens ne se sont pas ennuyés

Bernard Thévenet et Bernard Hinault

Bernard Thévenet et Bernard Hinault - -

Peu enthousiasmante, cette édition 2012 du Tour de France n’a pourtant pas déplu aux anciens grands cyclistes tricolores, qui attendent néanmoins beaucoup du retour d’Andy Schleck et d’Alberto Contador l’an prochain.

Le Tour de France 2012 aura été à l’image du ciel de l’Hexagone pendant ce mois de juillet : tristounet et pas franchement propice à s’emballer. Entre l’absence de leaders charismatiques et un parcours où les grandes envolées étaient compliquées à mettre en œuvre, cette Grande Boucle avait, avant même le départ de Liège, une saveur particulière. Légitimes, les espoirs d’offensives ont pourtant rapidement été tués dans l’œuf. « Pourquoi on s’est ennuyé ? Parce qu’il y a une équipe (Sky) qui est dominatrice, explique Raymond Poulidor. Avant, c’était Armstrong seul, mais là c’est l’équipe. » Double vainqueur du Tour en 1975 et 1977, Bernard Thévenet a quant à lui trouvé matière à vibrer. « On a eu des moments où on s’est peut-être ennuyé, mais il faut reconnaître que toutes les fins d’étape ont été intéressantes à suivre, souligne-t-il. Pour ceux qui ne s’intéressent qu’au classement général, c’est vrai que ça a peut-être manqué d’un peu de changement. »

Avec seulement deux porteurs du maillot jaune, Fabian Cancellara et Bradley Wiggins, depuis le prologue en Belgique, difficile en effet de trouver trace d’un véritable suspense pour le classement général. Leader depuis la 7e étape, le Britannique de l’équipe Sky a définitivement assis sa supériorité dès le contre-la-montre entre Arc-et-Senans et Besançon (9e étape). « Cancellara a pris le maillot jaune et a bloqué la course. Et quand il a été défaillant, c’est Wiggins qui a pris la place, indique Bernard Hinault. Heureusement pour nous, il a laissé la bride sur le cou à un certain nombre de coureurs qui ont pu aller dans de grandes échappées et gagner des étapes. »

Hinault : « A.Schleck et Contador auraient peut-être mis le bordel »

La course aux victoires d’étape. Voilà ce qui aura en revanche animé ce Tour 2012. Et à ce petit jeu, les Français se sont montrés plutôt très adroits, coupant 5 fois la ligne d’arrivée en tête, par l’intermédiaire de Thibaut Pinot (8e étape), Thomas Voeckler (10e et 16e étape), Pierre Rolland (11e étape) et Pierrick Fédrigo (15e étape). « C’est quand même extraordinaire, s’enthousiasme Thévenet. Il y a aussi eu le maillot à pois de Voeckler, la façon dont Thibaut Pinot s’est battu. Il y a beaucoup de motifs de satisfaction dans ce Tour. »

Avec un départ en Corse, le Tour 2013 fait déjà saliver les suiveurs sevrés de bagarre cette année. En plus d’un parcours sans doute plus accidenté, la 100e Grande Boucle devrait également proposer un casting autrement plus excitant, avec les retours d’Alberto Contador (suspendu pour dopage) et Andy Schleck (fracture du bassin). « Andy Schleck et Contador, les deux principaux grimpeurs, auraient peut-être mis un peu le bordel dans tout ça », imagine Bernard Hinault. A eux de prouver l’an prochain que, quand ils sont là, le Tour n’est pas tout à fait le même.

Alexandre Alain avec Rémi Perrot