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Tour de France 2023: Les contours du parcours dévoilé ce jeudi

T. Pogacar, J. Vingegaard, W. Van Aert

T. Pogacar, J. Vingegaard, W. Van Aert - Iconsport

Du Grand Départ du Pays Basque espagnol à la traditionnelle arrivée sur les Champs Elysées, le Tour de France 2023, dont le parcours détaillé sera révélé jeudi midi à Paris, sera aussi celui de tous les grands massifs du pays. Des Pyrénées aux Vosges en passant par l'Auvergne, les Alpes et le Jura. Un Tour qui sera avec certitude parmi les plus montagneux de ces dernières années, et qui contrairement au Giro, ne fera pas la part belle aux rouleurs.

A quelques heures de la révélation du parcours du Tour, voilà ce qu'on sait déjà et ce que l'on subodore.

Il y a comme chaque année ce que l'on sait déjà bien en avance. Et sans surprise, comme tous les ans depuis 1975, le Tour de France achèvera sa route sur "la plus belle avenue du monde", l'Avenue des Champs-Elysées à Paris, le dimanche 23 juillet 2023. On connaît aussi avec certitude les contours des premières étapes avec le Grand Départ au Pays Basque.

Après le Danemark, un Grand Départ dans le Pays Basque espagnol

• La première étape opérera une boucle autour de Bilbao dans le nord de l'Espagne, avec notamment deux passages dans les rues de Gernika-Lumo, centre spirituel du Pays Basque, et ville rendue célèbre par un tableau de Picasso mettant en scène un bombardement de la légion condor de l'Allemagne nazie sur ordre de Franco en 1937 en pleine guerre civile espagnole. Côté sportif, quelques coups de culs typiquement basques devraient permettre aux puncheurs de se débarrasser d'une majorité de sprinters avant la ligne d'arrivée. Mais avec une côte à 9% de seulement 2 kilomètres placée juste avant l'arrivée, des profils à la Michael Matthews, Wout Van Aert voire Arnaud Démare (s'ils sont présents) pourraient malgré tout s'immiscer dans la bataille pour la gagne. 

• La deuxième étape fera quant à elle la jonction entre Vitoria Gasteiz, capitale du Pays Basque et Saint-Sebastien. 210 kilomètres là aussi dans la plus pure tradition basque, avec cinq difficultés au programme, dont plusieurs connues des amateurs de la Classica San Sebastian qui se dispute tous les ans le weekend suivant l'arrivée du Tour de France, en l'occurrence la côté d'Alkiza et ses 4.2 km à 5.8% et surtout le Jaizkibel placé à 18 kilomètres de l'arrivée, une ascension de 8.1 kilomètres à 5.1% de pente moyenne, avec des passages à près de 10%. Une étape dont le vainqueur pourra là aussi être issu de plusieurs types de profil, puncheur, sprinteur à l'aise dans les bosses voire baroudeur.
• Pour ce qui est de la troisième étape, Amorebieta-Etxano, en Biscaye en sera le point de départ. Une étape marquée là encore par plusieurs difficultés dans le nord de l'Espagne, un nouveau passage par Saint-Sébastien, et dont on sait avec certitude qu'elle se terminera en France ... Mais où? L'organisateur de la Grande Boucle a souhaité garder le secret. Tout porte à croire pourtant que c'est à Bayonne, à quelques encablures de la côte atlantique qu'elle se terminera.

Une première semaine entre Landes, Pyrénées et le Puy de Dôme

Tout ce qui suit n'est pas encore officiel, et méritera confirmation évidemment de la part de la société organisatrice du Tour de France jeudi midi mais constitue un canevas relativement fidèle à ce que sera la réalité.

• La quatrième étape, devrait voir la ville de Dax accueillir pour la première fois depuis 2006 une étape du Tour. Après un départ aux pieds des Arènes, les organisateurs enverraient, selon le journal Sud-Ouest, le peloton rallier le circuit automobile de Nogaro dans le Gers via la Chalosse pour une célébration de la célébrité locale, André Darrigade, champion du monde en 1959 et qui aura alors 94 ans. Concernant le final à Nogaro, l'hypothèse est toutefois à prendre avec prudence, tant les organisateurs du Tour évitent d'habitude soigneusement de telles arrivées, pour le manque de proximité des tribunes avec l'asphalte. 

• C'est du coup le lendemain lors de la cinquième étape, que le peloton devrait connaître sa première arrivée en altitude, à Cauterets. La proximité du Col du Tourmalet semblerait inclure le géant des Pyrénées dans le programme. 

• La sixième étape verrait le peloton rester dans les Pyrénées pour une arrivée à Laruns au pied du Col de Marie Blanque. Pas plus de détail, si ce n'est qu'elle devrait démarrer de Pau, zappée du Tour en 2022, mais dont le statut de ville la plus fréquentée par le Tour après Paris, ne se démentirait pas. C'est à Laruns que le Slovène Tadej Pogacar avait remporté son premier succès d'étape sur le Tour, en septembre 2020. Un temps pressenti, il semble qu'une arrivée en altitude aux Chalets d'Iraty ait finalement été exclue du fait de la difficulté d'accès aux lieux.

• La 7e étape le vendredi 7 juillet permettra au peloton d'effectuer ses derniers tours de roues dans un sud-ouest plus que gâté cette année (et qui le sera aussi par le parcours du Tour de France féminin dans la foulée du Tour masculin) avec ce qui sera sans doute l'étape la plus plate de cette édition 2023, un trajet entre Mont-de-Marsan, préfecture des Landes et Bordeaux, dont le maire Pierre Hurmic a vendu la mèche début octobre en se disant "comblé" par le retour du Tour dans sa ville, 13 ans après la dernière arrivée d'étape.

• Cap à l'est ensuite, pour une traversée de la France par son centre en plusieurs temps, d'abord par le biais d'une nouvelle étape pour sprinters entre Libourne et Limoges en Haute Vienne, ensuite avec un neuvième acte aux accents "rétro", avec un départ de la petite bourgade limousine de Saint-Léonard-de-Noblat, la ville de Raymond Poulidor (8 podiums au général sur le Tour), où il fût enterré après son décès en novembre 2019, et une arrivée là où il livra l'un de ses duels les plus épiques avec Jacques Anquetil en 1964 sur les pentes du Puy de Dôme. Les pentes du volcan furent empruntées par le Tour pour la dernière fois en 1988. Elles devraient donc faire leur retour selon toute vraisemblance en 2023. Première journée de repos à Clermont-Ferrand le lundi 10 juillet

Une deuxième semaine en direction des Alpes 

• La 10e étape au départ du Parc scientifique de Vulcania rallierait Issoire pour une journée vallonée à travers la chaîne des Puys. Le peloton quitterait très probablement l'Auvergne le lendemain via une 11e étape entre Clermont-Ferrand et Moulins qui ne devrait pas échapper aux sprinteurs. Car ils ne devraient plus trop être à la fête avant un moment. La 12e étape possiblement tracée entre Roanne et Chiroubles empruntera les routes escarpées du vignoble du Beaujolais avec un éventuel passage par le Mont-Brouilly et la Roche de Solutré, avant le début des très grandes explications pour le classement général. 

• Régulièrement au programme ces dernières années, le Totem du Jura, le Grand-Colombier devrait faire son retour comme juge de paix de la 13e étape, le 14 juillet, 3 ans après avoir vu la défaillance sur ses pentes arides du Colombien Egan Bernal lors du Tour 2020. Arrivée de la 13e étape, il pourrait être franchi par plusieurs de ses versants comme la Selle de Fromentel, puis son versant original au départ de Culoz.

• Du Jura, le peloton n'aura qu'à traverser la vallée du Rhône pour se diriger ensuite dans les Alpes pour plusieurs grandes batailles en perspective, entre Anemasse et Morzine d'abord, puis entre Les Gets et Saint Gervais au pied du Mont Blanc. Passé un deuxième jour de repos à Sallanches, les coureurs entameront ensuite une troisième semaine aussi dure que décisive. 

Un chrono pour débuter la troisième semaine 

• Assez avare ces dernières années en exercices chronométrés, le Tour 2023 ne devrait pas déroger à la règle. Si une interrogation subsiste sur la possibilité d'un chrono en première semaine dans le Sud-Ouest, tout porte à croire qu'un contre-la-montre individuel se déroulera pour entamer la dernière semaine entre Passy et Combloux. Le parcours ne devrait d'ailleurs pas forcément avantager les purs spécialistes tant le parcours s'annonce accidenté.

• La 17e étape le 19 juillet entre Sallanches et Courchevel s'annonce comme la journée de tous les dangers. Elle fera notamment passer les coureurs par les impitoyables pentes du Col de la Loze, emprunté pour la deuxième fois après la victoire de Miguel Angel Lopez en 2020. Culminant à 2.304 mètres, il sera escaladé par le même versant, via Méribel, mais ne sera pas le théâtre de l'arrivée du jour. Il faudra en effet pour les coureurs s'engager dans une descente tout aussi périlleuse que la montée, d'une quinzaine de kilomètres avant de rallier l'arrivée. Une descente qui pourrait créer des différences majeures en défaveur des moins aguerris à l'exercice. Ce 17ème acte sera considéré par les puristes comme l'étape reine.

• A la sortie des Alpes, deux étapes seront ensuite réservées aux sprinteurs ou aux baroudeurs, le temps pour les principaux prétendants du classement général de reprendre leurs esprits. En direction des Vosges, elles devraient s'achever à Bourg en Bresse pour la 18e et dans le département du Jura pour la 19e.

• La 20e étape sera le dernier grand rendez-vous de ce Tour 2023. Le parcours promet notamment des pentes très escarpés susceptible de créer des défaillances. Dans la lignée de ce qui se fait ces dernières années, cette dernière explication pourrait se dérouler sur une distance assez courte, inférieure à 150 kilomètres. 

• Dans la plus pure tradition, le Tour arrivera comme tous les ans depuis 1975 sur les Champs Elysées pour un ultime sprint. Une étape dont le départ sera donné du vélodrome national de Saint Quentin en Yvelines. Une sorte de passage de témoin à un an des JO de Paris 2024 puisque se dérouleront à cet endroit les épreuves olympiques de BMX et de Cyclisme sur piste.

Par Arnaud Souque