RMC Sport

Tour de France: 10.000 litres d’eau pour arroser les routes en pleine canicule

Les températures caniculaires prévues dans les prochains jours sur les routes du Tour de France devraient contraindre les organisateurs à arroser abondamment la chaussée avant le passage des coureurs. Le "Monsieur route" de la Grande Boucle parle d'un stock de 10.000 litres d’eau…

Le Tour rattrapé par le changement climatique. Les températures très élevées et la canicule programmée en début de semaine prochaine forcent les organisateurs du Tour de France à trouver des solutions pour la bonne tenue des étapes. La chaleur a déjà impacté la course de vendredi. Comme le confiait sur RMC André Bancala, le "Monsieur Route" de la Grande Boucle, une citerne d’eau a arrosé la chaussée pour la faire redescendre en température, notamment dans la descente de la Côte de Saint-Romain-en-Gal. "On pensait y échapper", glisse le coordinateur des Départements de France.

Après un premier arrosage puis le passage de la balayeuse, une 2e couche de 2.000 litres d’eau a été nécessaire pour refroidir le revêtement en surchauffe et limiter les ressuages. Objectif: éviter que le bitume "transpire" et donne des plaques noires et collantes sur la chaussée, à l’origine de problèmes d’adhérence et donc dangereuse pour les coureurs. "Ça va devenir de plus en plus torride dans les 2-3 jours à venir. A certains endroits l’asphalte va commencer à fondre, vous imaginez comment cela peut finir?"

Inquiétant alors qu'on a relevé au mois de juin une température de 70 degrés au sol à Carcassone, ville d'arrivée et de départ des 15e et 16e étapes dimanche et mardi. Si le mercure monte aussi haut, le record du Tour sera pulvérisé, la température la plus élevée étant de 63 degrés en 2010 dans la station des Rousses (victoire du Français Sylvain Chavanel).

Un stock de 10.000 litres d'eau

Afin d’anticiper ces pics de chaleur, notamment sur les routes de l’Aude mardi après-midi, le Tour pourrait obtenir l’aide des pompiers. "Ils devraient donner un coup de main avec de l’eau brumisée à certains endroits pour tiédir le peloton, précise le spécialiste. C’est une idée qui circule pour limiter l’effet de chaleur."

De l'eau pourrait aussi être versée sur les routes lors des étapes pyrénéennes où la chaussée est moins entretenue que dans les Alpes. "On utilise, sur certaines routes de montagne, des enduits. C'est-à-dire une couche de colle avec des graviers par dessus. Sous l'effet de la chaleur la colle et les graviers se désolidarisent, cela donne ces phénomènes ressuage." Interrogé par l’AFP, André Bancala précise que le Tour dispose de véhicules transportant 10.000 litres d’eau.

En attendant de savoir si une telle quantité sera vraiment utilisée sur les routes du Tour, ces grandes manœuvres en période de sécheresse ont de quoi interpeller. Et devraient à coup sûr faire à nouveau bondir les militants écologistes pour le climat.

ABr