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Tour de France : Froome sait (aussi) frotter

Chris Froome en discussion avec Mark Cavendish

Chris Froome en discussion avec Mark Cavendish - -

Chris Froome est décidemment un coureur complet. Capable de punir ses adversaires dans la montagne, de les assommer en contre-la-montre. Et même de figurer aux avant-postes dans un sprint massif, comme ce jeudi au terme de la 12e étape du Tour de France.

Le cœur de « Madame Froome » s’est-il encore emballé ? C’est probable. Très présente sur Twitter, Michelle Cound montrait mercredi qu’elle avait atteint les 171 pulsations par minute pendant le contre-la-montre de son homme au Mont Saint-Michel. « Plus que lui ! », plaisantait-elle. Chris Froome (Sky) a encore joué avec sa santé ce jeudi, à Tours. Car le leader du Tour de France, ce grimpeur-rouleur qui écrase ses adversaires depuis plusieurs jours, était aux premières loges pour assister à la troisième victoire de l’Allemand Marcel Kittel (Argos-Shimano). En plein sprint massif, dans cette jungle où il faut jouer des coudes et serrer les dents, son coéquipier Ian Stannard l’a remonté et envoyé à la 14e place finale. Une option risquée.

A 2,5 km de l’arrivée, alors que les « trains » Argos-Shimano et Omega Pharma-Quick Step fonçaient vers Tours, Chris Froome a été à deux roues d’être pris dans une grosse chute. « C’était juste derrière moi et même si je n’ai rien vu, je l’ai entendue » explique-t-il. « Frotter », se mêler à la lutte des sprinteurs, pour ne pas tomber dans les pièges des fins d’étapes. La tactique du maillot jaune divise. Dangereuse ? Efficace ? « Il y a une part d’inconscience, pour moi, tonne l’ancien sprinteur et directeur sportif Cyrille Guimard. Je l’ai trouvé très nerveux. » « Je comprends l’état d’esprit de Chris Froome, répond l’ex-grimpeur Luc Leblanc. Même si on est dans les trois derniers kilomètres, il peut toujours se passer quelque chose. Il veut éviter les chutes. Je trouve qu’il se comporte très bien. Je ne pense pas que ce soit de la nervosité. »

« Un peu de stress »

L’intéressé, lui, reconnaît avoir ressenti « un peu de stress ». « Mais c’est quand même un plaisir », se presse-t-il d’ajouter en pensant à cette nouvelle journée en jaune. Son seul motif d’inquiétude ? La blessure à l’épaule du Norvégien Edvald Boasson Hagen, pris dans la chute et victime d'une petite fracture de la tête de l'humérus et de l'omoplate droite. « Il est tellement polyvalent, souligne Chris Froome. C’est un coureur très important pour l’équipe. J’espère vraiment qu’il va bien. » Malheureusement pour Froome et Sky, le Norvégien a été contraint à l'abandon ce jeudi soir.

Dave Brailsford, qui avait déjà perdu Vasil Kiryienka (hors délais à la 9e étape), profitera-t-il de ce coup dur pour inciter son leader à être plus prudent ce vendredi dans les derniers kilomètres avant Saint-Amand-Montrond ? Pour Cyrille Guimard, « il faudra peut-être que ses directeurs sportifs essayent de lui inculquer de rester un peu plus calme dans ces situations-là ». Confortablement en tête du Tour de France, bien placé au classement du meilleur grimpeur, Chris Froome n’est pas obligé de viser aussi le maillot vert…

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