RMC Sport

Tour de France : Il y a 46 ans, Tom Simpson...

La stèle en hommage à Tom Simpson

La stèle en hommage à Tom Simpson - -

Jean-Louis Normand est celui qui a immortalisé la mort de Tom Simpson sur les pentes du Ventoux le 13 juillet 1967. A 73 ans, et pour la première fois, le journaliste aujourd’hui à la retraite est revenu sur les pentes du mont Chauve. Souvenirs.

Il avait oublié la longueur et la difficulté du Géant de Provence. « Je ne le pensais pas aussi pentu et "caillasse" », sourit Jean-Louis Normand. Pour la première fois depuis un triste 13 juillet 1967, cet ancien journaliste est de retour sur les pentes du mont Ventoux. Là-même où il avait immortalisé la mort de Tom Simpson. A l’occasion de la 13e étape reliant Marseille à Carpentras, le coureur britannique perd la vie à quelques kilomètres du sommet. Jean-Louis Normand est sur les lieux. Armé de sa caméra « Bell et Howell », il saisit l’instant.

« C’est un scoop involontaire, sourit Jean-Louis. J’étais seul car il n’y avait aucune raison de se retrouver à cet endroit de la course. Tous étaient devant, où se jouait la course. J’étais là car ma journée était terminée et je revenais tranquillement vers l’arrivée. » Jean-Louis Normand travaillait alors aux côtés de Maurice Seveno et préparait un portrait sur Raphaël Geminiani pour l’émission Panorama. Peu amateur de cyclisme, il n’est alors pas conscient de l’identité du coureur qui flanche malgré le soutien de quelques supporters sur les bords des routes.

« On pensait simplement à un malaise »

« Je le filme alors sans savoir qui il était et sans prévoir ce qu’il pouvait se passer dramatiquement quelques minutes plus tard. Il tombe alors sur le bord de la route. Le docteur Dumas (médecin du Tour de France à l’époque, ndlr) arrive et nous partons alors vers le sommet du Ventoux pour trouver de l’aide. On pensait simplement qu’il s’agissait d’un malaise. » Là-haut, Gilbert Larriaga, le réalisateur du direct l’attend. Et c’est lui qui lui apprend que Tom Simpson est décédé et qu’il n’y avait plus aucun espoir dès les premiers zigzagues.

Jean-Louis Normand n’était jamais revenu sur les lieux du drame. Appareil photo en main, il photographie la stèle qui honore la mémoire du coureur décédé. Il tente de se souvenir l’endroit exact. Sans succès. De l’émotion et des souvenirs qui remontent plein la tête. A ses côtés, des cyclistes qui s’arrêtent, des curieux qui garent leur voiture. Tous déposent un petit objet sur la stèle ou restent quelques instants. Ils ne savent pas qu’à leurs côtés se trouve le grand témoin de cet accident. Un seul indice aurait pourtant pu leur mettre la puce à l’oreille : la caméra « Bell et Howell » scotchée dans ses mains. Elle aussi a fait le déplacement. Au chaud avec son propriétaire.

A lire aussi :

>> Le Ventoux fait toujours trembler

>> EN VIDEOS : les vainqueurs au Ventoux sur le Tour de France

>> Toute l'actualité du Tour de France

Pierrick Taisne