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Tour de France : Pinot, de galère en galère

Thibaut Pinot

Thibaut Pinot - -

Thibaut Pinot était l’une des attractions françaises du 100e Tour de France. En difficulté dans les étapes pyrénéennes, le grimpeur de la FDJ.fr se retrouve à plus d'une demi-heure du maillot jaune Chris Froome. Le moral est atteint mais pas question de baisser les bras.

Il attendait avec impatience que la route s’élève et il n’a pas été déçu. Six minutes concédées samedi lors de l’étape d’Ax 3 Domaines, puis 25 minutes lâchées dimanche dans la deuxième étape des Pyrénées. En deux jours, Thibaut Pinot a dit adieu à ses ambitions de classement général. Très marqué à l’issue de la première journée de montagne samedi, le leader de la FDJ.fr n’avait pas souhaité s’arrêter sur la ligne pour revenir sur sa journée. Ruminant sa peine, il s’était réfugié dans le bus de son équipe, esquivant ainsi les questions des journalistes.

Dans son entourage, on confirme que le grimpeur de 23 ans a passé une sale soirée. Touché par certaines moqueries sur les réseaux sociaux au sujet de sa phobie des descentes, il a traîné sa peine toute la soirée, n’a que très peu dormi et a longtemps cogité. Alors au moment de prendre le départ en direction Bagnères-de-Bigorre ce dimanche, c’était un peu l’inconnu. « Après la journée d’hier (samedi), c’était tout l’un ou tout l’autre, constatait le directeur sportif Thierry Bricaud à l’issue de l’étape. Il s’est fait une santé à la fin. L’essentiel est sauf. Il est toujours en course et a toujours un dossard. Il reste de belles étapes à venir. »

Bricaud : « Il y a un an c’était un petit prince… »

D’ordinaire si disponible, Thibaut Pinot avait d’ailleurs changé au matin de l’étape de dimanche. Protégé par Marc Madiot, qui avait demandé à son coureur de ne répondre à aucune sollicitation, il ne s’était pas rendu au village-départ, comme il en a l’habitude. C’est en compagnie de son ami Arthur Vichot qu’il a quitté son bus au tout dernier moment. Après avoir signé quelques autographes, il a rapidement filé vers la ligne de départ. Sans traîner. La suite ? Une nouvelle étape galère et un classement général bien loin de ses ambitions initiales (47e à 31’31). « Il y a un an, c’était un petit prince. Aujourd’hui, on l’a un peu oublié, continue Bricaud. Ce n’est pas grave, il va se reconstruire, ça va l’aider dans le futur. »

Sans doute débarrassé d’un poids, Pinot n’affichait pour autant pas la tête des mauvais jours après cette nouvelle déception. Le jeune homme plaisantait même avec certains de ses coéquipiers. Ce n’est bien sûr pas l’ambiance des grands jours, mais il l’a promis : pas question de déprimer sur ce Tour de France. Pour l’instant, le grimpeur a décidé de couper son téléphone et de faire abstraction de qui se dit autour de lui. Comme pour mieux se retrouver. « Thibault est très seul. Il aime écouter, entendre, veut comprendre pour mettre en application ce qui lui convient, nous expliquait Denis Troch, coach mental auprès de la FDJ.fr. Il a besoin d’un environnement fort pour être tiré vers le haut. » La journée de repos lui fera le plus grand bien.

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Pierrick Taisne, à Bagnères-de-Bigorre