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Tour de France : Tony Martin, plus fort que la douleur

Tony Martin peut jubiler.

Tony Martin peut jubiler. - -

Handicapé par de multiples brûlures et contusions après sa chute survenue lors de la 1ère étape, l’Allemand Tony Martin (Quick Step-Omega Pharma) a réussi le tour de force de s’imposer dans la contre-la-montre du Mont Saint-Michel. Et de repousser les assauts de Chris Froome.

Et dire qu’il aurait dû être devant son poste de télé chez lui à Cottbus, le moral en berne et le corps en charpie. A panser ses plaies et à se refaire le film d’une Boucle qui n’aurait eu de Grande que l’intitulé. Victime d’une violente chute sur le macadam corse dès la 1ère étape, n’importe quel autre coureur serait rentré à la maison. Pas Tony Martin qui, malgré le corps brûlé à certains endroits au 3e degré et jonché de contusions des épaules aux pieds, a serré les dents. S’est accroché plus que de raison, en mode guerrier, pour s’en aller réaliser une forme l’exploit, en repoussant qui plus est les assauts d’un Chris Froome « dopé » par son Maillot Jaune et en pleine possession de ses moyens.

« C'est une victoire merveilleuse parce que j'ai vécu une première semaine affreuse, a confié le coureur allemand. C'est une de mes plus belles victoires, c'est un sentiment incroyable. Après les blessures qui ont suivi ma chute, c'est encore plus marquant de s'imposer. Lorsque j'ai réalisé que j'allais pouvoir continuer le Tour, je savais que je ne serais pas à 100 % pour ce contre-la-montre, mais je pouvais toujours tabler sur une bonne performance tout de même. »

Un spécialiste du genre

« Pour être honnête, poursuit-il, j'avais perdu l'espoir de remporter cette étape car jamais je n'aurais imaginé que Chris (Froome) se rapproche autant de mon temps. L'attente a été dure (plus de quatre heures, ndlr). J'étais extrêmement déçu lorsque j'ai vu que Chris avait battu mes temps sur les chronos intermédiaires. J'étais au bord des larmes, je n'arrivais pas à y croire. Mais à la fin de la journée, je suis un peu chanceux même si je crois que je mérite un peu de chance…. »

Déjà vainqueur il y a deux ans du contre-la-montre de Grenoble, la flèche d’Omega Pharma est un pur spécialiste de l’effort solitaire, lui qui est à 28 ans double champion du monde en titre du chrono (2011 et 2012). Mais ce mercredi, pour s’en aller cueillir son second bouquet sur les routes du Tour, Martin a dû appuyer sur le champignon. Flashé à 54,27 km/h, il signe là la troisième moyenne de l'histoire de la Grande Boucle dans un clm individuel (hors prologues). A quelques encablures de Greg LeMond en 1989 à Paris (les 24,5 km en 54,54 km/h) et de David Millar en 2003 à Nantes (les 49 km en 54,36 km/h).