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Tour de France : "Une journée de fou" pour Samuel Dumoulin

Dans la bonne échappée de cette 10e étape du Tour de France entre Escaldes-Engordany et Revel, Samuel Dumoulin (AG2R La Mondiale) s’est classé cinquième ce mardi. Le coureur français de 35 ans raconte sa folle journée.

Comment s’est déroulée cette étape ?

C’était une journée de fou. Je redoutais vraiment le départ, avec ce col de première catégorie. Près du sommet, je voyais le groupe maillot jaune qui diminuait mais j’étais toujours au contact des meilleurs. J’ai eu un peu de mal au moment de basculer, il y avait du brouillard, c’était un peu chaotique. J’ai perdu mes bidons, j’avais soif et je suis revenu à la hauteur de Romain (Bardet). Il m’a donné une goulée et il m’a dit « vas-y, attaque, attaque ! ». Du coup, j’y suis allé. Dans la descente, on ne voyait rien. Avec l’altitude, c’était difficile mais on est revenu sur le groupe de Peter Sagan. J’ai insisté et on s’est retrouvé tous les deux avant qu’un nouveau groupe ne se forme.

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Quel était votre état d’esprit à ce moment-là ?

Vu les gars qui étaient présents devant, je n’ai pas calculé, je me suis fait plaisir, j’ai roulé… Le peloton s’est un peu rapproché à 50 bornes de l’arrivée mais il fallait continuer à rouler. Certains gars ne passaient pas trop et je me suis mis à repenser à tous les coups de pédale que j’avais donnés. Mais pour gagner une étape du Tour, il faut être généreux. Et quand Sagan a tenté un coup de vis à 25 kilomètres, j’ai vraiment serré les fesses. J’étais à la rupture quand j’ai vu le faux-plat mais je me suis dit qu’il fallait vraiment que je passe car ça pourrait aller loin derrière. Une fois qu’on était devant, avec les trois Orica, je prenais encore quelques relais car j’avais peur de couper mon effort ou de prendre une cassure, il valait mieux rester actif. Je connaissais bien la derrière bosse mais j’ai dû vraiment m’accrocher sur le contre de Daryl Impey. J’ai vraiment eu mal, j’étais à deux doigts de sauter.

Dans le final, il ne restait plus que six coureurs devant. A quoi pensiez-vous ?

Vu le palmarès des gars avec qui j’étais, je ne me faisais pas trop d’illusions. J’ai pensé à anticiper. J’ai vu que van Avermaet s’était laissé décoller et je l’ai vu démarrer. Au terme d’une journée comme ça, c’était dur de faire mieux mais j’ai vraiment pris un plaisir de fou.

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Vous prenez toujours autant de plaisir après toutes ces années ?

Encore plus même. C’est nouveau pour moi d’évoluer à ce niveau. Je sentais depuis le début du Tour que j’avais des bonnes jambes. Je disputais un peu les sprints mais c’était compliqué. Mais ce mardi, avec des coureurs de cette trempe, c’était vraiment un grand moment. Dans le final, je me disais « gave-toi parce que ça ne t’arrivera peut-être plus jamais ! ». J’avais mal mais j’essayais de profiter. Il n’y a pas de victoire au bout mais je pense que j’ai bien défendu le maillot et j’ai montré ce que c’était que d’être un requin.