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Voeckler peut-il gagner le Tour ?

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler - -

Quatrième du dernier Tour de France, Thomas Voeckler semble s’avancer avec des ambitions revues à la hausse à l’orée de cette nouvelle année. L’ancien maillot jaune ne « s’interdit rien ». Au point de viser la victoire à Paris ? Enquête dans le peloton.

Thomas Voeckler n’est pas du genre à se cacher. Ni à masquer ses ambitions. Alors, quand Tony Parker interroge le 4e du dernier Tour de France dans son émission sur RMC, le coureur d’Europcar assume. « Je ne m’interdis rien, lâche celui qui a passé dix jours en jaune sur la dernière Grand Boucle. Pourquoi ne pas me retrouver au même niveau que l’année dernière ? Je ne veux pas non plus me prendre la tête, mais sans faire un complexe d’infériorité. » A 32 ans, Voeckler sait aussi qu’il peut compter sur l’expérience et le soutien total de ses coéquipiers. A l’image d’Anthony Charteau qui l’a côtoyé pendant cinq ans à ses débuts pro en 2001 et qui partage son quotidien depuis deux saisons. « Il ne faut pas se mettre de barrière, glisse même ‘‘Chartix’’. Un jour, un coureur ira chercher la victoire sur le Tour de France avec une échappée qui prendra une dizaine de minutes d’avance. »

Et si ce coureur était Thomas Voeckler ? Ils sont finalement peu à y croire. « S’il avait la carrure d’un vainqueur du Tour de France, on l’aurait su plus tôt, murmure un directeur sportif. Je suis prêt à vous parier qu’aucun directeur sportif ne mettrait une pièce sur lui comme vainqueur final. D’autant que le natif de Schiltigheim fait bien pâle figure dans les contre-la-montre, épreuve dans laquelle il parvient à se surpasser quand il est en jaune, mais qui le condamne à réaliser des exploits en montagne pour compenser. « Thomas perdra du temps contre la montre et il ne peut pas lâcher ses adversaires ou concurrents au sommet, note en observateur attentif Cyrille Guimard. Ça n’est que sur des circonstances de course qu’il pourrait éventuellement l’emporter. C’est bien d’avoir de l’ambition et de ne rien s’interdire, mais en tant que consultant, je suis obligé de dire que ce pari relève du rêve. »

Bernaudeau : « Il ne faut rien se refuser »

Du côté des cadors, on ne se cache même pas quand il s’agit d’évoquer le concurrent. Interrogé par RMC Sport sur le dernier Tour, Andy Schleck est le premier à avoir dégainé. « Vous le pensez capable d’enchaîner les cols à plus de 2000 mètres », nous lâchait-il, sourire en coin, quand on l’interrogeait sur les capacités de Voeckler. Le matin de l’étape qui menait le peloton à l’Alpe d’Huez, le cadet des Schleck l’observait d’ailleurs d’un œil amusé avec son frère, en train de se préparer minutieusement. Comme si ces deux-là préparaient un coup. Et ce n’est peut-être pas un hasard si les Contador, Evans et Schleck se sont tour à tour succédé aux avant-postes pour faire tomber le leader du classement général. Seul contre tous, la mission devenait insurmontable.

Pas pour Pierre Rolland qui s’impose ce jour-là à l’Alpe d’Huez. Et si le maillot blanc du dernier Tour volait la vedette à son coéquipier d’Europcar ? Jean-René Bernaudeau ne veut pas y croire. « Thomas est notre leader emblématique, tempère le manager d’Europcar. On lui doit tout. Entre Thomas et Pierre, il n’y pas de problème d’ego démesuré. Pierre doit beaucoup à Thomas et Thomas sait se mettre au service de Pierre. » Et d’ailleurs, « JR » fait partie de ceux qui pensent que son leader de toujours peut de nouveau truster le haut du classement. « Thomas est quelqu’un qui ne lâche rien et qui va tout donner. Le Tour de France 2011 l’a mis en confiance. Il est 4e du Tour avec un mental d’assassin. Il ne faut rien se refuser aujourd’hui. »