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Wiggins, le pistard qui a dompté la route

Bradley Wiggins

Bradley Wiggins - -

Le coureur de Sky, qui a remporté ce dimanche son premier Tour de France, a d’abord brillé sur les pistes des vélodromes, avant d’opter pour le cyclisme sur route. Retour sur l’itinéraire d’un coureur décidément pas comme les autres.

Les joues sont creusées, les jambes semblables à des brindilles et le maillot jaune trahit un torse asséché. En regardant Bradley Wiggins venir chercher son bouquet sur le podium du Tour depuis bientôt deux semaines, difficile de croire que le même homme a fait régner sa loi sur les vélodromes du monde entier. Pourtant, l’armoire à trophées du Britannique est copieusement garnie, avec notamment 8 médailles olympiques, dont 3 en or sur la poursuite individuelle (2004 et 2008) et par équipes (2008). Ajoutez à cela de multiples breloques lors des championnats du monde et vous obtenez l’un des plus grands noms de l’histoire du cyclisme sur piste. Etonnant donc, de le voir triompher quelques années plus tard sur la plus grande course du monde.

Fan absolu de Chris Boardman, passé lui aussi avec succès de la piste à la route dans les années 1990, Wiggins doit sans doute une grande partie de sa deuxième carrière à Marc Madiot. L’actuel directeur sportif de l’équipe FDJ – Big Mat a découvert « le phénomène » Wiggins au Circuit des Mines, épreuve du calendrier européen disputée en Lorraine, en 2001. « Je l’ai connu, c’était un pistard qui roulait déjà très, très vite, se rappelle le double vainqueur de Paris-Roubaix. C’était déjà un coureur qui savait ce qu’il voulait et qui était motivé par rapport à ses propres objectifs. Il les a atteints très rapidement sur la piste. Il a mis, je pense, la même rigueur et la même détermination sur la route. »

123e de son premier Tour

Passé par trois équipes françaises (FDJeux.com, Crédit Agricole et Cofidis) entre 2002 et 2007, le natif de Gand (Belgique) a toutefois mis du temps à traduire son excellent coup de pédale sur le bitume. Pour sa première Grande Boucle, en 2006, il avait terminé à une très modeste 123e place. C’est seulement en 2009 que la mue va totalement s’effectuer, lorsqu’il prend, sous le maillot de Garmin et à la surprise générale, la 4e place du Tour de France, en laissant transparaître de réelles aptitudes dans la haute montagne. L’année 2012, avec ses victoires sur Paris-Nice, le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné, n’a fait que confirmer la montée en puissance du leader de Sky.

S’il a laissé apparaître quelques failles lorsque la route s’élève trop, se montrant même bien inférieur à son coéquipier Christopher Froome lors de plusieurs étapes de ce Tour, « Wiggo » a en revanche montré qu’il était capable d’enfiler sans sourciller le costume de leader. Et surtout de ne pas manquer la cible lorsqu’il choisit un objectif. « Avant d’arriver chez nous, c’était déjà un bon vivant, un bon ‘British’ qui aimait bien la bière, mais qui savait quand même se mettre dans des périodes de concentration extrême, indique Madiot. Ça, il l’avait déjà. » Ne lui restait donc plus qu’à attendre que le travail paie, comme sur ce Tour 2012.

Alexandre Alain avec Pierre-Yves Leroux