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Tour des Flandres : l’année Chavanel ?

Sylvain Chavanel

Sylvain Chavanel - -

Sylvain Chavanel s’élancera ce dimanche dans le Tour des Flandres, avec la ferme intention de confirmer son excellent début de saison. Et s’il refuse d’endosser un quelconque statut de favori, le Français semble plus que jamais en mesure de signer un coup d’éclat sur la classique belge.

Le statut de favori, il ne veut pas en entendre parler. Mais ce qu’il se refuse à admettre, son début de saison particulièrement réussi le dit à sa place : Sylvain Chavanel sera bien l’un des hommes à surveiller sur ce Tour des Flandres. « Je ne suis pas favori du tout, objecte-t-il. J’espère juste faire une belle course et finir le plus haut dans le classement. Le but, c’est d’arriver en condition sur ces courses. Après, ça ne se joue à pas grand-chose. Il faut les jambes le bon jour, j’espère que je les aurai. » Le coureur de 33 ans reconnaît tout de même que ses récentes performances sont encourageantes : « C’est vrai que la forme est là depuis un moment. Je crois que j’ai fait neuf top 10 et dix top 20 déjà, donc je suis bien présent, avec en plus trois victoires. Ce sont des débuts réussis, mais ce n’est pas nouveau pour moi, j’ai l’habitude de briller à cette période. »

Vainqueur cette semaine avec autorité des Trois jours de La Panne, Chavanel peut nourrir de logiques ambitions sur les routes flamandes. S’il s’en cache, du moins à moitié, c’est que l’éternelle rengaine autour de ses performances attendues ont fini par le lasser. « L’attente, il y en a toujours eu autour de moi. C’est un peu lassant d’entendre toujours la même musique, il faudrait peut-être changer le CD. Je suis très bien, c’est vrai, mais bon… » Du coup, c’est Patrick Lefevere, son directeur sportif chez Omega-Pharma Quickstep, qui prend le relais : « Dans mon esprit, il pouvait déjà gagner il y a deux ans (deuxième, défait au sprint, ndlr), explique le Belge. Mais il est prêt à gagner. Il a le potentiel, l’expérience, il est à l’âge juste. La chance ne se présentera pas chaque année, donc il doit la prendre avec deux mains. »

Alors que Quickstep aurait pu privilégier l'option Tom Boonen, son abandon en début de course ce dimanche redistribue les cartes. « Bien sûr que Chavanel peut faire sa course, expliquait Patrick Lefevere avant le départ. Boonen a un énorme charisme, il paralyse toujours certains coureurs dans le groupe. Et Sylvain, qui comprend toujours bien le jeu et qui sait ce qu’il doit faire, peut profiter de cette situation. » Boonen en personne paraissait d’ailleurs résolu à faire allégeance à son coéquipier : « Il a déjà fait beaucoup de grandes choses avec nous. Donc oui, on veut rouler pour lui. Après, ‘‘Chava’’, il faut qu’il arrive à partir tout seul, et ça, ce n’est pas facile dans le Tour de Flandres ». En connaissance de cause, le vainqueur 2012 sait que le manque de vitesse de son partenaire dans les sprints est forcément un handicap pour aller chercher la première place, la seule qui compte sur les courses d’un jour. Qui sait si sa victoire, dans cet exercice, lors de la 6e étape du Paris-Nice, ne lui a pas donné des idées…

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