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Toute l’Italie sera contre Contador

Face à Contador, favori du Giro, l'Italie poussera comme un seul homme derrière Nibali

Face à Contador, favori du Giro, l'Italie poussera comme un seul homme derrière Nibali - -

Tout un pays sera à l’unisson derrière Vincenzo Nibali, la nouvelle coqueluche du cyclisme transalpin, pour tenter de contrer les plans de l’Espagnol, vainqueur en 2008 et grand favori de cette 94e édition du Giro.

L’Italie tient les protagonistes de sa tragédie. Un drame de trois semaines débutant samedi à Turin par un chronomètre par équipes et qui mettra aux prises l’épouvantail espagnol Alberto Contador et la gloire chérie et montante du pays Vincenzo Nibali. El Pistolero qui revient sur les terres de son triomphe en 2008 est publiquement présenté comme l’homme à battre. Le leader de la Saxo Bank a impressionné en ce début de saison après ses victoires sur les tours de Murcie et de Catalogne.
Ces succès de printemps, alors qu’il traîne cette interminable affaire de contrôle positif au Clenbutérol qui va l’emmener devant le Tribunal arbitral du sport, ne fait qu’épaissir l’aura d’invincibilité dont jouit le Madrilène par delà les Alpes. Avec ses sept arrivées d’étape en haute montagne, le tracé de cette 94e édition est taillé sur mesure pour un nouvel exploit du gars de Pinto. Alors quand le triple vainqueur de la Grande Boucle déclare comme ce vendredi à la veille du grand départ qu’un « doublé Giro-Tour de France serait fabuleux », l’Italie tremble.
« L’espoir pour nous s’appelle Vincenzo Nibali, souligne le journaliste Beppe Conti de Tuttosport. Il est le seul chez nous à avoir les caractéristiques et les qualités pour gagner une course à étapes. Pour les gens, Nibali est un bon coureur qui a gagné la Vuelta, mais s’il veut devenir un champion, il faut qu’il gagne ici devant son public. » Les Italiens voient en lui une réincarnation de Felice Gimondi, triple maillot rose dans les années 60 (1967, 1969 et 1976), et un des rares à avoir brisé l’hégémonie du grand Eddy Merckx. Le leader de la Liquigas a même été adoubé par son adversaire, Alberto Contador. « Nibali m’avait beaucoup impressionné sur le Mont Ventoux. L’année dernière, il est arrivée à la dernière minute sur le Giro et a terminé troisième en travaillant pour son coéquipier Ivan Basso (qui a remporté le Tour d’Italie l’an passé). Et puis, il a remporté la Vuelta la saison dernière. Ce sera mon plus grand rival ici. »

Riis : « Le pression est sur les Nibali »

Des louanges qui ne font qu’accroître un peu plus le poids qui pèse sur les épaules du coureur de Messine et sur l’ensemble des Italiens du peloton. Comme Nibali, l’autre challenger de Contador, Michele Scarponi (Lampre), va courir pour tout un peuple. Les deux coureurs italiens vont-ils supporter cette pression ? Le roué Bjarne Riis, manager de Saxo Bank, détourne d’ailleurs l’attention sur la concurrence. « La pression n’est pas sur Alberto. On sait tous ce qu’il peut faire. Il a déjà gagné le Giro, le Tour de France et la Vuelta. Il n’a plus rien à prouver. Je pense que la pression est plutôt sur Vincenzo Nibali et Michele Scarponi. Ils ont ici la chance de prouver à quel point ils sont bons. Ils doivent montrer qu’ils peuvent être encore meilleurs. S’ils veulent gagner, ils doivent battre Alberto. »

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Les Français en figuration
Comme l’an dernier, les coureurs tricolores sont venus sur le Giro avec des ambitions limitées. Seul motif d’espoir, Christophe Le Mevel. Le Breton, qui a fait le pari de quitter la FdJ pour rejoindre Garmin cette saison, aura sa chance en montagne, mais devra rouler pour Tyler Farrar qui vise les sprints. Autre coureur à surveiller, John Gadret (Ag2r-La Mondiale), meilleur Français l’an dernier (13e), particulièrement en vue sur les épreuves en altitude.

Louis Chenaille (avec G.Q. à Turin)