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Du dopage mécanique dans le vélo ?

Le Suisse est au centre d'une drôle d'histoire de dopage mécanique...

Le Suisse est au centre d'une drôle d'histoire de dopage mécanique... - -

Après le dopage, c’est au tour du vélo « électrique » de secouer le peloton. Même si aucune preuve n’a été pour l’heure fournie. L’UCI n’y croit pas, Cyrille Guimard, si.

L’UCI l’a décrété : « Il n’y a pas d’affaire Cancellara ». Mais le pavé lancé dans le peloton par Davide Cassani, ex-coureur italien aujourd’hui consultant sur la Rai, n’en finit pas d’éclabousser une discipline qui n’avait vraiment pas besoin de ça. En cause, les accélérations suspectes de Fabian Cancellara lors des classiques du printemps. On soupçonne un moteur miniaturisé de s’être glissé dans le cadre de sa machine. Pour Cyrille Guimard, consultant RMC, « ce genre de tricherie est tout à fait crédible. » Aucune preuve à ce jour n’est venue étayer les accusations de Cassani et Fabian Cancellara, vainqueur insolent du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix, a évidemment démenti en pouffant.
Jean Wauthier est responsable du matériel à l’UCI. Il connaît parfaitement le système, étudié pour les vélos de ville depuis plusieurs années déjà. Mais ne croit pas à son utilisation en course au plus haut niveau. « La possibilité existe mais la probabilité est infime. Il faudrait avoir l’envie de tricher, trouver une assistance technique lourde pour faire le montage, tout en gardant le secret, en prenant un risque fou de ruiner une carrière, une réputation. C’est inconcevable. Dans ce milieu où tout le monde sait ce que fait le voisin, c’est un risque que personne ne voudrait courir », affirme-t-il crânement.
Une prudence à laquelle n’adhère pas Cyrille Guimard qui croit au phénomène et connaît les solutions : « Comme pour le dopage, il faut appliquer la loi et sanctionner de façon totalement dissuasive avec des suspensions à vie, la radiation de l’équipe et des amendes exorbitantes. On ne peut lutter contre certaines escroqueries qu’avec des moyens lourds. » Avant un jugement définitif, il faudra attendre des preuves plus crédibles qu’un geste suspect sur une vidéo. Mais comme le sait bien Cyrille Guimard pour nager depuis si longtemps dans ce milieu, « on ne peut plus être surpris de rien. »