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La folie « Gilbert » secoue la Belgique

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Enfin du pays, Philippe Gilbert sera le favori de Liège-Bastogne-Liège ce dimanche. Vainqueur de l’Amstel Gold Race dimanche dernier et de la Flèche Wallonne mercredi, le Belge porte les espoirs d’un peuple prêt à tout pour lui témoigner son soutien.

Ils n’ont qu’un seul nom à la bouche : Philippe Gilbert. Il est 12h30 à Liège dans la cour du Palais des Princes Evêques, là-même où seront présentés dans deux heures les coureurs de la 97e édition de Liège-Bastogne-Liège. Pourtant, ils sont déjà une soixantaine devant le chapiteau blanc à attendre l’enfant du pays. La plupart portent des casquettes de sa formation Omega Pharma Lotto ou des t-shirts à son effigie. Ils s’impatientent pour une photo dédicacée. A son arrivée, ils sont finalement 1500 à l’accueillir.

Chaudement acclamé, le coureur arbore un large sourire et s’attarde avec ses supporters. Une photo, un autographe, un bisou : chacun a droit à un geste. Après avoir salué ses anciens compagnons de la FDJ et leur manager Marc Madiot, le coureur de 28 ans file sur le podium de présentation. Ovation de public, qui scande son nom. Sous la musique « We are the champions », les applaudissements durent une bonne vingtaine de secondes. Il s’en amuse. « Ça fait plaisir, mais cela ne fait pas avancer plus vite ! »

Son père : « Il n’y a qu’un seul Eddy Merckx, moi j’ai un Philippe »

16h30, autre lieu. Remouchamps, à 20 km de Liège. C’est là que se situe la demeure familiale de Philippe Gilbert, aujourd’hui résident monégasque. La course passera juste en bas de sa maison, accolée à la mythique côte de la Redoute. Près d’une trentaine de camping-cars jalonnent la montée, longue de 2,2km. Sur le bitume, le prénom « Phil » a été peint à plusieurs endroits. Des drapeaux flamands et wallons sont attachés les uns aux autres, avec un drapeau belge au bout, sur lequel on peut lire « Gilbert ».

Après 500 mètres de montée, on découvre une stèle : « Ici, les plus grands champions cyclistes forgèrent leur victoire dans Liège-Bastogne-Liège ». C’est là que le clan Gilbert a installé un podium et un chapiteau avec l’inscription « Bienvenue Philippe Gilbert » Toute la famille met la main à la pâte. Il y a le père, Jeannot, président du fan club. Anita, la mère et trésorière. Christian, le frère aîné, qui s’occupe de toute l’infrastructure. Jérôme, le frère cadet et Nadia, la sœur aînée.

« C’est la sixième année qu’on met cela en place, explique Jeannot. L’an passé, il y avait au moins 10.000 personnes. On avait vidé 750 futs de bière. Quand il était petit et qu’il gagnait des courses, les gens l’appelaient le ‘petit Eddy Merckx’. Il n’y a qu’un seul Eddy. Moi j’ai un Philippe ! » Quel que soit le résultat, Philippe Gilbert a promis de rejoindre sa famille et ses fans sur les pentes de la Redoute pour participer au bal de clôture. Comme chaque année.

Le titre de l'encadré ici

Tous contre Gilbert|||

Le cas Fabian Cancellara ferait-il des émules ? Epouvantail des classiques flamandes, le Suisse de Leopard Trek avait dû faire face à la fronde et à la coalition de ses adversaires sur le Tour des Flandres (troisième) et Paris-Roubaix (deuxième). Le décor n’est plus le même, mais les coups bas demeurent. Cap sur les Ardennes avec Liège-Bastogne-Liège ce dimanche. Plus de 260 km pour la Doyenne des classiques, véritable monument du cyclisme mondial. L’attention est aujourd’hui portée sur Philippe Gilbert, récent vainqueur de l’Amstel Gold Race et de la Flèche Wallonne.

Petit à petit, les stratégies se mettent au point. « Je pense qu’il faut isoler Philippe et essayer de l’attaquer. Beaucoup vont courir contre lui, c’est dommage pour lui », glisse Alexandre Vinokourov, tenant du titre. Le Kazakh avait décidé de s’allier à Gilbert lors de la Flèche Wallonne. Pas certain qu’il réédite l’expérience dimanche. « Tout le monde parle de Philippe, reprend Andy Schleck, vainqueur en 2009. Il a gagné les deux dernières courses d’une manière impressionnante. Pour le moment, c’est le plus fort, mais c’est une course spéciale. Ce n’est pas l’Amstel ou la Flèche. » Les deux hommes ont prouvé qu’ils détenaient la clé pour s’imposer au sommet de la Redoute. Philippe Gilbert n’attend qu’une opportunité pour les imiter.

Georges Quirino à Liège