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Nuyens piège Cancellara

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Grand favori de ce 95e Tour des Flandres, Fabian Cancellara a dû se contenter de la troisième place ce dimanche. Principale cible de ses adversaires, le Suisse termine derrière le Belge Nick Nuyens, vainqueur sur ses terres, et Sylvain Chavanel.

Il était l’homme à abattre. La cible de tout un peloton. Vainqueur l’année dernière et grand favori de cette 95e édition, Fabian Cancellara n’a rien pu faire ce dimanche. Face à lui, les Pozzato, Gilbert, Bonnen, Chavanel, Leukemans, Nuyens… tous les favoris n’avaient qu’une seule idée en tête : faire tomber de son trône le quadruple champion du monde du contre-la-montre. Finalement troisième du Ronde, Cancellara semblait se contenter de ce podium : « Je crois que je peux être content de ce que j’ai fait. Toute l’équipe peut être contente car on a roulé contre toutes les autres, livrait l’homme de Leopard Trek. Je n'ai pas connu le même super-jour que l'année dernière. Même Superman peut connaître des moments difficiles. »

« Superman » n’avait pas endossé sa cape pour survoler les monts sur les 256km de ce « monument ». Cancellara a pourtant tenté de partir de loin en s’échappant dans le Leberg à 41km de l’arrivée. Trop ambitieux, penseront certains. Plein de panache, estimeront les autres. Toujours est-il que le Suisse s’est retrouvé seul en tête en compagnie de Sylvain Chavanel, échappé à plus de 80km de la ligne d’arrivée. De quoi faire frémir le Français avant le Mur de Grammont ? « J’ai tout de suite pensé à la vidéo que j’ai vue il y a deux jours sur la course de l’année dernière entre Cancellara et Boonen, rigole le coureur de QuickStep. J’ai repensé à la manière dont il a grimpé le Mur. Je me suis dit : ‘ne lâche pas le morceau’. Mais Cancellara était cuit. »

Les crampes de Cancellara

Non seulement Cancellara était cuit, mais il souffrait de crampes. Dans Grammont, l’avance d’une minute s’est réduite comme peau de chagrin. Ils sont maintenant douze à rêver d’une victoire. Parmi eux, Philippe Gilbert qui avait appelé ses confrères à barrer la route de « Spartacus ». Le Belge se met à rêver d’un titre lorsqu’il s’échappe dans le Bosberg. Là aussi sans succès. Alors Cancellara tente un nouveau coup de poker en toute fin de course. Seule l’inusable Chavanel et Nick Nuyens peuvent le suivre dans la ligne droite finale de Meerbeke.

Après sa deuxième place en 2008 et après s’être imposé chez les espoirs, c’est finalement Nuyens - successeur de Cancellara chez Saxo Bank - qui s’impose. « Le fait que Fabian soit sur le podium, c’est un plus, mais il n’y a pas que Fabian. Tout le monde a essayé et finalement, c’est moi qui gagne. C’est magnifique. C’est un rêve. » A 30 ans, le Belge signe là sa plus belle victoire. Ancien lieutenant de Boonen chez QuickStep, ancien coéquipier de Chavanel chez Cofidis, le Flamand, prophète en son pays, peut laisser éclater sa joie. 

P.Ta. avec G.Q.