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Offredo rêve de la Primavera

Animateur du dernier Milan-San Remo, le coureur de la FDJ sera une fois de plus l’attraction française de la Primavera qui se déroule samedi.

Animateur du dernier Milan-San Remo, le coureur de la FDJ sera une fois de plus l’attraction française de la Primavera qui se déroule samedi. - -

Animateur du dernier Milan-San Remo, le coureur de la FDJ sera une fois de plus l’attraction française de la Primavera qui se déroule samedi. A condition d’être définitivement épargné par les soucis de santé.

L’an dernier, il avait étonné son monde. En abordant le Poggio en solitaire lors du dernier Milan-San Remo, Yoann Offredo s’était fait un nom dans le microcosme du cyclisme. Il avait également prouvé que le vélo français possédait quelques pépites promptes à briller dans les classiques. Finalement seizième, il s’était arraché pour terminer dans le groupe des meilleurs. Dans le même temps que le vainqueur, Oscar Freire. Milan-San Remo, il en rêve. Tout comme il rêve de Paris-Roubaix ou du Tour des Flandres. Deux courses qu’il place au même plan que la classique italienne.
A 24 ans, Offredo aimerait se frayer une place aux côtés des briscards que sont les Freire, Hushovd ou Boonen. A condition que ses soucis de santé apparus lors de Paris-Nice le laissent tranquille. « Vis-à-vis des médias, je représente une nouvelle génération, reconnaît-il. On est quelques jeunes Français à aimer ce genre de courses. Par le passé, il a peut-être eu un désintérêt. » Alors il rattrape le temps perdu. Aux côtés de Marc Madiot, son manager, mais aussi aux côtés de Laurent Jalabert dernier vainqueur français. Le sélectionneur l’a convoqué pour la première fois lors des derniers Mondiaux en Australie et lui envoie des SMS, il « me donne quelques conseils, notamment sur la gestion du moral », explique Offredo.
Mais Jalabert n’interfère en rien dans la préparation du Francilien, produit de l’US Créteil, avant de rouler une saison pour le CC Nogent-sur-Oise. C’est aux côtés de Madiot qu’il grandit. « Il faut qu’il arrive à gérer les situations de stress dans le final d’une grande course, prévient le patron de la FDJ. C’est un teigneux et un battant. Il faut frotter et être économe dans l’effort. Il sait le faire de manière naturelle. » La relation entre les deux hommes bat son plein. « Il essaye de me rassurer, explique le coureur. Je manque parfois de confiance. Ça été le cas avant le Het Volk. Il m’a rassuré malgré mes mauvaises sensations. »

« Je ne veux pas être un paria »

Malgré son manque de confiance, il s’est arraché pour décrocher une magnifique quatrième place. Même si cet amateur de lecture aurait voulu lever les bras. Il l’a dit et répété. Car c’est un trait de caractère du personnage : dire ce qu’il pense, quitte à s’attirer l’animosité du peloton. « Il est un peu fou-fou, se souvient Alain Mathieu qui l’a connu à Nogent. Je préfère un garçon qui va de l’avant qu’un garçon qui reste dans les roues à ne pas bouger pendant 200 bornes. C’est un battant, il va devant. Neuf fois, ça ne passera pas, mais la dixième, ça passera. »
Alors oui, on l’a entendu sur Alberto Contador, sur le dopage… Mais Offredo se méfie. D’autant que dans le peloton certains n’hésitent pas à dire qu’ils sont nombreux à avoir eu des problèmes avec ce garçon toujours souriant. « Parfois je dis ce que des gens n’osent pas dire. Est-ce qu’il faut arrêter ? Est-ce qu’il faut continuer ? Je ne sais pas, lâche-t-il sans s’énerver. C’est peut-être mon immaturité ou ma jeunesse qui font que je peux me permettre de dire ce que je pense. Dans les années à venir, je mettrai peut-être de l’eau dans mon vin. Je n’ai pas envie de m’attirer la foudre de qui que ce soit et d’être un paria dans le milieu. Bien au contraire. »

Pierrick Taisne