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Vinokourov : « J’irai au maximum jusqu’aux JO »

Alexandre Vinokourov

Alexandre Vinokourov - -

EXCLU RMC SPORT. A 38 ans, le leader de la formation kazakh Astana a finalement décidé de rempiler pour une ultime saison, après sa lourde chute sur le dernier Tour de France qui l’avait contraint à l’abandon. Dans un entretien exclusif accordé à RMC Sport en marge du vingtième anniversaire d’Ag2r-La Mondiale, il explique les raisons de ses choix.

Alexandre, quels sont vos objectifs cette saison ?

On va commencer doucement avec le Tour de Langkawi en Malaisie (4 mars), la Catalogne (19-25 mars) et on verra bien après, je n’ai pas trop d’objectifs. « Step by step », comme on dit. Je ne vais pas prendre le départ du Tour pour rester dans le gruppetto. Je déciderai en fonction de mes sensations. Je n’ai pas de stress.

Visez-vous les Jeux Olympiques de Londres ?

C’est toujours possible, mais il n’y a que deux places pour mon pays, même si je reste dans le top 15 du classement UCI. Je pense que je suis dans la liste, mais on verra. Si je fais le Tour de France, je peux enchainer une semaine après avec les Jeux, si j’ai la forme. C’est le chrono qui m’intéresse. Pour la route, ce sera plus difficile.

Et après, vous raccrochez pour de bon cette fois ?

C’est sûr, c’est ma dernière saison, voir ma dernière demi-saison. J’irai au maximum jusqu’aux Jeux Olympiques. Je ne voulais pas m’arrêter sur une chute (il s’est fracturé le fémur lors de la 9e étape du Tour 2011 dans la descente du col du Pas de Peyrol , ndlr). J’ai fait le chrono des Herbiers en octobre, même si c’était un peu dur (27e d’une épreuve remportée par l’Allemand Tony Martin, ndlr), le stage, et puis on avisera.

L’affaire de Liège ? « Je sais qui a balancé cette histoire »

Cette chute vous a-t-elle changé ?

Ça n’a pas changé grand-chose dans ma tête. Je fais attention en descente, mais je suis là, je suis vivant, la famille est ce qui est le plus important. Quand j’ai eu mes jumeaux en 2002, je n’ai pas fait le Tour de France à cause d’une chute sur le Tour de Suisse. Ma femme m’a dit « les jumeaux c’est une fois dans la vie, le Tour c’est chaque année ». Et en 2003, j’ai fait 3e…

Vous allez doubler les casquettes, avec votre carrière d’homme politique au Kazakhstan ?

Les élections sont le 15 janvier, ça me parait difficile pour cette fois, je dois être avec Astana. Suivre les deux me parait compliqué. Mais après l’arrêt de ma carrière, je ferai mes choix.

Un magazine suisse vous a accusé d’avoir acheté votre victoire dans Liège-Bastogne-Liège en 2010…

Les avocats travaillent. Je sais qui a balancé cette histoire, mais je ne le dirai pas. Il y a toujours de la jalousie dans le peloton. Avec Internet, ce genre de choses circulent très vite. Je répète : « Je n’ai rien fait ! »

Propos recueillis par Grégory Laurent