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Virenque : « Fignon a marqué l’histoire du sport »

Richard Virenque

Richard Virenque - -

L’ancien cycliste rend un hommage appuyé à Laurent Fignon, décédé ce mardi, à 50 ans, des suites d’un cancer.

Richard Virenque, quel est votre sentiment à l’annonce du décès de Laurent Fignon ?
On a du mal à croire qu’il ne sera plus là. C’était une figure du cyclisme international, un coureur français atypique. On ne peut pas rester indifférent à ce qu’il a fait ni à l’homme qu’il était. J’ai toujours espéré qu’il puisse s’en sortir. Quand on a été sportif de haut niveau, on a une force en soi énorme. Malheureusement, la maladie a pris le dessus.

Vous étiez-vous croisés récemment ?
Oui je l’avais vu sur le Tour de France cet été. Ça me faisait mal de l’entendre comme ça mais on se disait qu’il y avait toujours un espoir. J’ai du mal à y croire, ça me fait vraiment bizarre.

Pendant votre carrière, quels étaient vos rapports ?
Lors de ses dernières années en professionnel, je démarrais juste dans le cyclisme international. Plusieurs fois il m’a donné des conseils et ça m’a touché. Même si le public le voyait comme quelqu’un de froid, il avait toujours un conseil à donner aux jeunes coureurs et ça je m’en rappellerai.

On parlait beaucoup du panache de Laurent Fignon. Vous aussi vous étiez un battant. A-t-il été l’un de vos modèles ?
C’est vrai qu’il avait une gueule, un panache, une façon de s’exprimer. Il était offensif, il attaquait et il gagnait. En tant qu’ex-sportif, on ne peut qu’être respectueux. Mon panache, c’était aussi ma façon de dire les choses. C’est pour ça que quand on se croisait, on se respectait énormément. En tout cas, il faut garder l’image de quelqu’un de généreux dans l’effort. Il a marqué l’histoire du sport.

Le grand public se souvient de lui pour ses victoires mais aussi, et c’est cruel, pour sa défaite face à Greg LeMond pour huit secondes. Vous en souvenez-vous ?
Je m’en souviens parfaitement. C’est vrai qu’au niveau de l’émotion dégagée, c’était énorme ! Il s’est battu jusqu’au bout mais il a perdu le Tour. Il aurait pu gagner un troisième Tour, mais ça n’aurait pas changé grand-chose à sa vie. En le perdant, il a peut-être gagné beaucoup d’estime dans le cœur des Français.

R. M.