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Voeckler : « J’ai peur d’être un peu court »

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler - -

Co-leader du cyclisme tricolore avec Sylvain Chavanel, Thomas Voeckler sera l’une des têtes d’affiche du 71e Paris-Nice, qui débute ce dimanche par un prologue à Houilles. Mais le coureur d’Europcar s’estime trop juste pour viser le classement général.

Dans quel état de confiance abordez-vous ce Paris-Nice ?

Pour être honnête, j’arrive moins confiant que ce que j’espérais être. C’est une épreuve qui me tient particulièrement à cœur, mais j’ai peur d’être un peu court en termes de condition physique pour joueur les premiers rôles. Si ça ne marche pas super, je ne ferai pas de dépression pour autant. Ca ne signifie pas que je n’aurai pas d’ambition, mais mon état d’esprit sera de vivre au jour le jour.

Comment expliquez-vous que vous ne soyez pas en pleine possession de vos moyens ?

Je suis toujours un peu poussif en début de saison. Paris-Nice est aussi une course où les repères ne sont pas les mêmes. Des fois on se croit un peu moins bien, et d’un coup, la forme va arriver. Je ne me prends pas la tête, mais je ne vais pas dire que j’ai un objectif très élevé sur Paris-Nice.

Comment s’est déroulée votre préparation hivernale ?

J’ai plutôt bien roulé cet hiver. Mais comme j’ai terminé la saison tard, j’ai eu un peu plus besoin de récupérer.

L’entrée en matière fut donc un peu plus compliquée que lors des années précédentes…

Oui, mais je remarque aussi que la concurrence est de plus en plus poussée. Les charges de travail accomplies par les autres équipes sont impressionnantes. Nous, on est aussi en 2e division mondiale donc on n’a pas forcément accès à un programme de courses idéal avant Paris-Nice. Ce ne sont pas des excuses, mais ça permet d’expliquer les choses.

Pour vous, Paris-Nice est le vrai coup d’envoi de la saison cycliste ?

Même si Paris-Nice est le grand rendez-vous pour les Français, ce n’est pas le vrai coup d’envoi parce que toutes les courses sont très importantes. Mais en étant en 2e division mondiale, c’est notre première confrontation au niveau World Tour. Paris-Nice, ce n’est pas une course de préparation. On va donc essayer de jouer les francs-tireurs, en l’absence de Pierre Rolland et Bryan Coquard. Mais ça ne veut pas que ça ne va pas marcher.

Selon vous, où se jouera ce Paris-Nice 2013 ?

Ca se jouera en partie au col d’Eze. Mais je suis allé reconnaitre la montagne de Lure (située en face du mont Ventoux, ndlr). Ce sera très dur car la condition physique n’est pas encore optimale. Il y aura un écrémage, c’est certain, même si ça ne se jouera pas là (cette arrivée d’étape aura lieu vendredi). En tout cas, les organisateurs ont fait les choses bien dans le sens où il y aura du suspense le dernier jour.

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Une course plus que jamais ouverte|||

Du prologue de Houilles à l’explication chronométrée sur les pentes menant au col d’Eze, les huit jours de course de Paris-Nice (3-10 mars) promettent une lutte ouverte et intense pour la victoire finale. Une dizaine de coureurs peuvent prétendre l’emporter, parmi lesquels Lieuwe Westra (dauphin de Wiggins en 2012 pour 8’’), Tejay Van Garderen (5e du dernier Tour de France), Sylvain Chavanel (toujours en jambes sur Paris-Nice), Rein Taaramäe (7e en 2010, 4e en 2011). Font figure d’outsiders : Costa et Quintana (Movistar), Kreuziger (Astana), Coppel (Cofidis), Gesink (Blanco), Porte (Sky) ou Péraud (AG2R La Mondiale). « Mais vous verrez qu’il n’y aura pas de surprises et que ça se jouera au col d’Eze », prévient Voeckler.

Propos recueillis par Georges Quirino