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Voeckler : « La faute à pas de chance »

Thomas Voeckler

Thomas Voeckler - -

A peine descendu de l'avion après plus de 60 h de vol en provenance de l'Australie, Thomas Voeckler est arrivé ce vendredi matin à Nantes, où un médecin lui a confirmé sa fracture de la clavicule. Le Français sera opéré mardi. Interview.

Thomas, racontez-nous cette chute et cette nouvelle blessure...

On est arrivé le mercredi matin en Australie à Adelaïde. On est parti à l’entraînement dans la foulée et puis, au bout de 20 minutes, il y a une voiture qui nous a doublés et qui a pillé juste après pour laisser passer des piétons de manière très brutale. Et moi, je n’ai pas eu le temps de freiner. J’ai foncé dedans et c’est la mauvaise épaule qui a tapé. Celle qui est la plus fragile. J’ai la clavicule qui a cassé une nouvelle fois (après le printemps dernier, ndlr) à un endroit différent.

Peut-on comparer cette fracture à celles que vous avez déjà connues auparavant ?

La différence, c’est que la période est moins préjudiciable même si ça va me contrarier pour le début d’année. Ça va repousser mon premier pic de forme mais il n’y a pas le choix, de toute façon. Ce qui est con, c’est que c’est une chute bête, à l’entraînement. L’année dernière, je suis tombé dans une classique, l’Amstel Gold Race, dans un moment hyper important où sportivement, ça vaut le coup de prendre des risques. Là, c’est vraiment la faute à pas de chance. Des fautes stupides comme il arrive quelquefois. Ce coup-ci, ça tombe sur moi. C’est la même période d’indisponibilité.

Quel est le diagnostic concernant cette blessure ?

C’est une fracture de la clavicule avec un petit déplacement mais qui est nette. Il n’y a pas d’arrachement osseux, il n’y a pas de petit fragment donc c’est le point positif. Je me fais opérer mardi 21 janvier et après, il y a toute une petite période de convalescence. On va voir comment les choses se déroulent. C’est sûr que c’est pénalisant mais ce n’est pas dramatique non plus. C’est sûr que je viens de faire une semaine de voyage. Je suis allé en Australie, j’ai mis 30 heures pour y aller, je suis resté 24 heures et là, j’arrive tout juste des 30 heures de voyage retour. Tout ça avec une semaine d’entraînement en moins à cause des voyages, plus des jours sans vélo après l’opération. Ça va bien décaler ma préparation, ça c’est clair.

Vous avez surmonté de nombreuses blessures. Comment fait-on pour réussir à positiver ?

C’est une épreuve, c’est sûr. Sur le moment, c’est difficile de positiver, mais au bout d’un moment, on est bien obligé. On dit jamais deux sans trois, je m’étais déjà cassé deux fois la clavicule. C’est la troisième fois, j’espère que ça va s’arrêter-là. Je n’ai pas eu de chances mais je ne vais pas faire le Caliméro non plus. Ce n’est pas ce qui va m’arrêter, je vais surmonter ça et je vais refaire parler de moi sur les routes, ça c’est clair. Je ne peux pas baisser les bras face à des coups du sort comme ça. Là, c’est vraiment faute à pas de chance. Je vais tout faire pour donner d’autres interviewes mais pour d’autres raisons.

Quand estimez-vous votre retour à la compétition ?

Le premier moment de l’année où j’aurais souhaité être vraiment à 100%, c’était Paris-Nice (9 au 16 mars). Désormais, si je suis au départ, il est clair que ça ne sera pas à 100%. Ca sera plus pour donner un coup de main à Bryan Coquard qui pourra jouer les sprints, ou pour peaufiner la condition parce que je ne pourrai pas rivaliser avec des coureurs qui auront pu entamer une préparation dès le mois de novembre et qui n’auront pas eu de soucis. Il faut être lucide. Je vais peut-être faire Paris-Nice mais je serai court niveau condition.

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Propos recueillis par Pierre-Yves Leroux