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Voeckler : « Les soupçons ne datent pas d’hier »

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A Liège jeudi, Thomas Voeckler a nié tout dopage au sein de l’équipe Europcar. Le 4e du dernier Tour, handicapé par des douleurs au genou, est par ailleurs peu optimiste sur ses chances de bien figurer lors de la Grande Boucle.

Thomas, vous attendiez-vous à ce que l’annonce de l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris à l’encontre d’Europcar prenne autant d’ampleur dans les medias ?

Je suis un peu surpris. Je ne me rendais pas compte de ce dans quoi on s’embarquait. Je pensais aller à la conférence de presse pour le Tour, et je vois que tout tourne autour de ça. Je ne vais pas dire que je trouve ça désolant parce que je peux le comprendre, mais je ne me rendais pas bien compte de l’ampleur. 

Etes-vous lassé d’avoir sans cesse besoin de justifier vos résultats ?

C’est ma 12e année pro. Les soupçons à mon égard, la critique, ne datent pas de l’an dernier. Depuis la fin du tour de France 2011, si je comptais le nombre de fois où on m’a posé la question : « Comprenez-vous qu’on puisse mettre en doute vos performances »… J’ai toujours répondu sans m’énerver puisque ça fait partie du métier des gens qui la pose. Il faut faire avec. Je n’ai pas à prouver quoi que ce soit.

Quelles seront vos attentes au départ du Tour, samedi à Liège ?

Je vais essayer de finir le moins loin possible samedi, de m’accrocher tous les premiers jours pour essayer de retrouver une condition physique. Je vais croiser les doigts pour ne plus avoir de douleur au genou. J’avais espoir de retrouver mon niveau de l’an dernier, mais il ne faut pas être expert du sport de haut niveau pour comprendre que sur les 22 jours qui précèdent le Tour, si on en passe 12 sans activité…

« Pierre (Rolland) pourra compter sur moi »

Il n’y a donc aucun espoir de vous voir rejouer les trouble-fêtes ?

Le vélo n’est pas toujours logique. Quand j’ai gagné le Grand Prix de Québec (en 2010, ndlr), je venais de faire trois semaines à la maison, avec des barbecues et une heure de vélo par jour. Là, il est clair que je ne me fais pas d’illusions. Je serais déjà surpris d’arriver à Seraing (arrivée de la 2e étape) dans le même temps que le vainqueur. Je me vois plutôt prendre une cassure. Je prends le Tour au jour le jour. Le bon côté, c’est que ça m’enlève de la pression au niveau personnel parce que je sens bien qu’il y a une attente. Au moins, je suis au départ, ce n’est que du bonus.

Etes-vous prêt à vous mettre au service de votre coéquipier Pierre Rolland, qui s’était révélé l’année dernière en s’imposant à l’Alpe d’Huez (19e étape du Tour) ?

Même à 100%, s’il est mieux que moi, bien sûr que je serai son équipier. Mais compte tenu de ma préparation, il est clair que Pierrot pourra compter sur moi. Je pense pouvoir lui donner un bon coup de main, j’ai quand même un peu d’expérience…