RMC Sport

Wiggins, tout pour le Giro ?

Wiggins, favoris en moins, s'attaque au Giro avant le Tour. Faisable ?

Wiggins, favoris en moins, s'attaque au Giro avant le Tour. Faisable ? - -

Bradley Wiggins prendra le départ du Giro, samedi à Naples, dans la peau du favori, avec l’Italien Nibali. Mais de nombreuses questions entourent le leader de la formation Sky, qui s’est mis dans la tête d’enchainer avec le Tour de France.

Depuis le début de la saison, le mystère plane autour de Bradley Wiggins. Avec aucune victoire après trois courses et 19 jours de compétition, le maillot jaune du dernier Tour et champion olympique interroge sur son niveau. On l’a vu dans les tréfonds à Oman (74e) et cantonné aux places d’honneur en Catalogne et dans le Trentin (5e). Favoris en moins, le Britannique débarque sur le Giro, qui s’élance samedi de Naples, dans la peau de l’homme à abattre. Et on promet une sacrée bataille avec l’enfant du pays, Vincenzo Nibali. Sauf que le leader de la formation Astana compte déjà deux succès (Tirreno-Adriatico, Trentin) et deux top 10 à San Luis (Argentine) et Oman…

L’épouvantail de cette 96e édition du tour d’Italie semble plutôt parler la langue de Dante que celle de Shakespeare. « Wiggins est en place, tout va bien, assure Dave Brailsford, son manager chez Sky. Il suffit de voir son visage, il est motivé. » C’est vrai que l’Anglais n’a cessé de répéter depuis l’été dernier sa volonté d’enchainer les Tours italien et français. Un doublé rare, réussi pour la dernière fois par Marco Pantani (1998). « J’en rêve depuis que je suis gamin, j’y ai vu mes idoles gagner », explique le coureur. « Il y a quelque chose de romantique avec le Giro, il a vraiment un truc avec cette course », ajoute Brailsford.

Sur fond de brouille avec Froome

Les organisateurs ont prévu un parcours à la mesure de Wiggins, avec deux chronos, dont celui de la 8e étape (55 km), qui devrait permettre au rouleur de la Sky de s’emparer du maillot rose, pour la deuxième fois après 2010 et son cinquième Giro (40e). Mais il n’aura pas trop de ses coéquipiers grimpeurs (l’Italien Cataldo et les Colombiens Henao et Uran) pour digérer les cinq arrivées au sommet, dont celles du Galibier et du Lavaredo, et succéder au palmarès au Canadien Ryder Hesjedal. « Il faudra prendre l’avantage là où on peut et limiter la casse ailleurs », avertit Brailsford. Son poulain n’a pas ménagé sa peine. Alors que Christopher Froome disputait Liège-Bastogne-Liège, « Wiggo » était en reconnaissance sur les routes du Giro.

Mais la belle histoire de Wiggins sur le Giro s’est quelque peu brouillée avec les récentes déclarations peu amènes entre les deux locomotives de l’équipe. Après la récente victoire de Froome en Romandie, les deux Britanniques ont eu des échanges d’amabilités, avec pour cœur de cible le très convoité leadership sur le Tour de France. « La décision sera probablement prise dans les trois derniers jours avant le Tour », lançait, perfide, Sir Wiggins au micro de la BBC. Froome, parfait lieutenant en 2012, connait ses qualités en montagne, et entend les mettre à son profit cette fois. « Le management de Sky m’a assuré que j’aurai son soutien total. A aucun moment le leadership du Tour n’a été remis en question », a-t-il répondu du tac au tac dans un communiqué. La guerre des Sky est déclarée. Temps mort. Froome, absent en Italie, Wiggins aura le champ ouvert pour devenir le premier Anglais à endosser la « maglia rosa ». Sans en garder sous la pédale en vue de la 100e Grande Boucle ?

A lire aussi :

>> Wiggins-Froome, déjà des attaques !

>> Hesjedal prêt à défendre son titre

>> Basso forfait

Louis Chenaille (avec G.Q.)