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PES 2018: on y a joué et… il a de quoi faire trembler FIFA

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Présenté lors de l’E3 à Los Angeles, PES 2018 s’est offert une petite tournée promotionnelle à travers plusieurs stades européens. C’est au Stade de France que le dernier-né de Konami a fait escale pour se dévoiler manette en main. Pour quel résultat ? Quels premiers ressentis ? Quels arguments face à l’ogre FIFA ? RMC Sport était à Saint-Denis. Et vous dit tout ou presque sur ce PES qui sent bon le renouveau. Le vrai cette fois semble-t-il.

Un jeu beaucoup moins ping-pong

C’est la première chose qui nous a sauté aux yeux. Plus que l’interface de match, qui reste la même que l’an passé, avec la même façon de naviguer (pas forcément un bon point d’ailleurs) mais avec, tout de même, l’arrivée des photos des joueurs sur l’écran. Manette en main, il fallait rapidement juger le poids de ce PES 2018 et surtout sa jouabilité, un peu trop (pour ne pas dire beaucoup n’est-ce pas) aérienne dans l’opus précédent. Le constat au bout de quelques secondes est sans appel. Et il est positif.

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Evidemment, la passe lobée, le lob face au gardien et toutes les offensives en l’air dans le dos de la défense existent toujours. Mais elles ne sont dorénavant plus systématiques, comprenez par là beaucoup moins efficaces, de façon à privilégier un jeu plus posé et par ricochet, plus terrestre. Ce retour du jeu au sol s’accompagne aussi d’une inertie plus prononcée, avec une lenteur générale sur le terrain et des animations plus décomposées. Le rendu est saisissant, avec des gestes inédits et qui renforcent le réalisme recherché, comme notamment les pertes d’équilibre des défenseurs, qui finiront sur les talons après avoir perdu leurs appuis… sans espoir de come-back. Down.

L’art du contrôle et du timing, maitriser tu devras

Si ce PES 2018 est aussi lent – prions pour lui d’ailleurs qu’il le reste d’ici sa sortie le 14 septembre sinon… - c’est aussi parce que les équipes de développement chez Konami ont refondu le système de contrôles, censé s’appuyer désormais sur toutes les parties du corps d’un joueur et son positionnement et plus seulement sur sa vitesse au moment de recevoir le ballon. Le système de passes a aussi été repensé, avec une prime au timing, indispensable pour pouvoir se libérer d’un pressing plus serré et plus physique. Si on a pu apprécier un retour à la normale sur les coups de pied arrêtés (plus de flèches) avec une caméra à ajuster avant de frapper et de nouveau la possibilité de frapper en deux temps, notamment sur coups francs, on est plus perplexe sur l’indicateur au-dessus du deuxième joueur effectuant le pressing. L’idée est bonne mais dans le feu de l’action, on a tendance à confondre le joueur que l’on dirige et celui que l’IA nous enverra pour bloquer un joueur.

Plus c’est petit, plus c’est précis

Outre un jeu plus construit, permis par un meilleur positionnement des joueurs, l’autre bonne nouvelle en termes de jouabilité est le… jeu dans les petits espaces. Quasiment inexistant dans PES 2017 car impossible à mettre en place, ce dernier fait son retour dans cet opus 2018. Et ce de deux façons bien distinctes : d’abord dans le jeu de passes, où les phases nerveuses à très courte distance feront le bonheur de plus d’un joueur. Ensuite dans le dribble où désormais il sera possible de se débarrasser de deux ou trois joueurs dans un petit périmètre. On vous voit déjà grimaçer en vue d’éventuel abus. Evidemment, vous vous doutez bien qu’en dix ou quinze matches, on ne peut pas évoquer un possible « cheat » dans ce sens…Mais certains joueurs nous ont paru déjà prompts à faire de gros dégâts, comme Neymar, Coutinho, Dembélé ou encore Aubameyang… mais au prix, tout de même, de jolis exploits. A juger sur la durée donc.

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Des gardiens a priori à la hauteur

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Souvent décriés par le passé, car trop facilement « fusillables » par les attaquants adverses – certains auront reconnu le phénomène du bras trop court sur certaines frappes – les gardiens ont semblé gagner en autorité dans ce PES 2018. Bon, ils sont – hélas – encore victimes de lobs sur leur ligne même si on l’a déjà dit, ces derniers seront beaucoup moins efficaces. Bon, les frappes enroulées les rendent toujours aussi impuissants – le phénomène du bras court toujours -. Mais… leurs sorties sur les un contre un sont plus dynamiques et leurs parades sur les frappes de loin nous ont semblé beaucoup plus efficaces. Bref, dans PES 2018, nos gardiens devraient vraiment assumer leurs rôles de dernier rempart. Et c’est très bien.

Un lifting (encore) de qualité

C’est une marque de fabrique chez Konami, un gage de toujours et alors que le Frostbite de FIFA offre un graphisme exceptionnel au jeu d’EA Sports, on était forcément en attente de voir comment PES allait pouvoir défendre son leadership en matière de modélisation une année de plus. De ce que l’on a pu voir, cela a l’air bien parti. Très bien parti même. Le Fox Engine semble avoir encore gagné encore en maitrise dans les mains des développeurs, avec des visages encore plus bluffants que ceux proposés l’an passé. On pense notamment à ceux des quelques stars présentes dans cette version jouable, comme Pierre-Emerick Aubameyang (Borussia Dortmund), Lionel Messi ou Neymar (FC Barcelone). Les stades ne sont pas en reste non plus, avec une finesse encore plus présente dans les textures. On attend d’en savoir plus pour voir si l’interface globale du jeu – pour celle de match, c’est râpée – a gagné en souplesse visuelle et en séduction, aussi.

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Le 3 vs 3 va faire de gros dégâts

On n’a pas encore tout vu en termes de contenu sur ce PES 2018. La légendaire Ligue des Masters ou le faux frère d’Ultimate Team, My Club seront évidemment de la partie mais pour ne pas avoir pu les essayer, impossible ici de vous parler en profondeur des éventuelles nouveautés de ces deux modes, hormis quelques captures évoquant un changement d'interface. Ce que l’on peut en revanche d’ores et déjà vous dire, c’est que le 3 vs 3 annoncé depuis le lancement de la campagne promotionnelle de PES 2018 devrait faire de nombreux adeptes. L’essayer, c’est l’adopter et la jouabilité offerte par ce mode inédit nous a convaincu sur sa durée de vie. Jouer en double, à la bonne époque, était déjà un gage de fun sur PES mais là, le plaisir est tout autre. Mention spéciale aux notes et statistiques de fin de match, qui désigneront le joueur le plus actif (tacles, passes, gestes clés, dribbles, distance parcourue) et celui qui aura joué l’escroc et la carotte tout au long de la partie.

Plus de potentiel… que FIFA

Ouh la, on vous voit venir. Avant de se lancer dans un débat sans fin sur cet article ou en critiquer l’auteur, sachez que ce ne sont pas nos mots. Mais ceux d’Adam Bhatti, le chef produit monde de la saga PES. "La raison pour laquelle nous allons être meilleurs, c’est qu’avec ce jeu nous sommes véritablement au début de quelque chose de spécial, nous a-t-il confié. PES 2015, 2016 et 2017 étaient dans une certaine continuité. Quand vous jouez à PES 2018, vous aurez véritablement l’impression de jouer à quelque chose de différent. Si je pense que nous allons être meilleurs, c’est que nous pouvons continuer à innover, à prendre des risques." Vu les annonces faites cette année, on ne pourra pas lui donner tort ce sur dernier point.

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En résumé... pour l'instant, on s'amuse. Beaucoup même

Le meilleur baromètre pour un jeu vidéo est le nombre de parties passées dessus. Autant vous dire qu’on a, avec les quelques joueurs et journalistes présents, fait la fermeture de cette présentation de PES 2018 et ce, au désespoir des employés du Stade de France. Et si on a maximisé le temps qui nous était imparti, c’est d’abord et surtout parce que nos premiers matches sur PES 2018 nous ont littéralement séduits. Le fun était au rendez-vous lors de chacune de nos parties, avec la nette impression d’avoir devant soi une version offrant une jouabilité variée – enfin, j’entends venir du fond de la salle – et par conséquent, un plaisir de jeu que l’on n’avait pas ressenti depuis des lustres.

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Maintenant, si une bonne dizaine de matches est un premier indicateur, il n’est en rien définitif. Il faudra juger sur la durée et dès la mi-juillet et la beta test du 20 juillet… qui permettra de faire des matches en ligne. Et de juger le principal point faible de PES depuis des lustres : la qualité de ces serveurs online. Le nerf de la guerre, aussi bien pour le consommateur lambda, que pour le joueur esport. Et un atout négligeable, pour un PES, qui semble, enfin pouvoir regarder dans les yeux son concurrent de toujours, FIFA. Date de sortie précoce (14 septembre pour PES, 29 pour FIFA), campagne dans les plus grands stades européens (Camp Nou, avec un match, un vrai face à des légendes du club, Signal Iduna Park, Stade de France) et com’ de plus en plus agressive… ce PES 2018 fait tout pour en tout cas. On a hâte de voir la suite.

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Alix Dulac