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Au Panthéon des épéistes

Gauthier Grumier

Gauthier Grumier - -

Tenants du titre depuis 2005, doubles champions olympiques, les épéistes français tiennent leur rang et décrochent la médaille d'or par équipes. Histoire de mettre du baume au coeur d'une délégation française jusque-là bien morose...

Gauthier Grumier peut exulter. Le champion du monde, si décevant en individuel (élimination au deuxième tour) a pris ses responsabilités pour permettre à la France de conserver son titre de championne du monde par équipes aux dépens de la Hongrie (45-37) au terme d’un duel très tendu. Les deux nations étaient au coude-à-coude (35-35) mais le numéro un mondial, avec un bilan final de 21 touches à 13, « a su retrouver son agressivité alors qu’il s’était fait avoir en individuel ». « Je savais que j’étais fort. Mais là, toute la journée, j’ai retrouvé mon agressivité. J’ai donné pour l’équipe, pour mes potes sur le banc. »

Avant le début de la compétition, l’épéiste de 27 ans avait dit : « La transmission de témoin est en train de se réaliser ». Et il faut bien dire que pour seconder Grumier et Jean-Michel Lucenay, Yannick Borel, même pas 21 ans, et Ronan Gustin, 24 ans, ont su répondre présent au cours d’une journée où les Français n’ont connu qu’un seul accroc face à l’Allemagne (45-41) en quarts de finale.

Huitième titre d'affilée

Ce titre de champion du monde vient redorer le blason d’une escrime française vacillante à Catane. « On a eu une discussion et on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas suffisamment de communication entre nous. Et on a retrouvé la confiance et l’agressivité nécessaire à la pratique d’un sport de combat », s’est félicité Grumier.

Il est aussi le huitième titre mondial d’affilée pour des épéistes tricolores invaincus depuis 2004, en comptant les médailles d’or olympiques à Athènes et à Pékin. Surtout, il vient couronner la filiation épéiste française car neuf athlètes ont participé à cette épopée aux huit titres : Hugues Obry, Fabrice et Jérôme Jeannet, Erik Boisse, Ullrich Robeiri, Jean-Michel Lucenay, Gauthier Grumier, et enfin Yannick Borel et Ronan Gustin.

L’équipe de France masculine d’épée entre ainsi dans l’histoire de l’escrime puisque seule la Russie au fleuret messieurs (entre 1959 et 1966) et les sabreurs hongrois (entre 1951 et 1958) ont réussi de telles séries. Il est simplement dommage que l’épée masculine par équipes ne figure pas au programme des Jeux olympiques l’an prochain à Londres…

C. de O. (avec Rodolphe Massé à Catane)