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La faillite, nous voilà

A l'instar du sabreur Nicolas Lopez, c'est toute l'Equipe de France qui n'a pas brillé lors de ces Mondiaux de Catane.

A l'instar du sabreur Nicolas Lopez, c'est toute l'Equipe de France qui n'a pas brillé lors de ces Mondiaux de Catane. - -

Décevante en individuel, l'équipe de France a connu une nouvelle désillusion ce vendredi aux Mondiaux d'escrime de Catane : le fleuret dames et le sabre messieurs ont prématurément été éliminés. Une seule médaille, des qualifications olympiques compromises, l'heure est grave.

Décidément, Catane ne sera pas un souvenir heureux pour l’Equipe de France d’escrime. Ces championnats du monde marqueront peut-être un tournant dans l’escrime tricolore. Triomphante pendant une décennie, elle semble rentrer dans le rang, avec un bilan temporaire désastreux d’une seule médaille de bronze, remportée par le fleurettiste Victor Sintès.

Aujourd’hui, ses amis sabreurs n’ont pu faire mieux qu’un huitième de finale face aux Etats-Unis (45-37) après avoir dominé une faiblarde équipe de République Démocratique du Congo en seizièmes de finale (45-21). Boladé Apithy, Julien Pillet et surtout Nicolas Lopez, qui a essuyé un 6-15 sur ses trois relais, sont complètement passés au travers face aux Américains et voient carrément leur qualification olympique remise en cause. Ils finissent finalement à une indigne 10ème place en battant Hong Kong (45-26) et l’Espagne (45-26), mais en échouant face… à la Corée du Sud 45 touches à 38. Eux qui ont été titrés il y a quatre ans à Pékin.

Le cri d'alarme de Guyart

Brice Guyart, le champion olympique de fleuret à Athènes en 2004, mais éliminé d’entrée à Catane, avait prévenu juste avant les championnats d’Europe de Sheffield en juillet dernier : « l’Equipe de France ne fait plus peur ». Ajoutant : « Nous ne surprenons plus. Ou plutôt si, nous nous surprenons à perdre des matchs largement à notre portée. Avec en prime le sentiment de ne pas avoir livré le combat attendu ou pire, d’avoir frôlé le hors sujet. » L’escrimeur se demandait également : « Où est donc passée cette force, cette aura, que de nombreuses grandes nations de l’escrime nous enviaient ? »

Une aura que n’ont pas non plus déployée les fleurettistes dames, certes moins attendues que leurs camarades masculins. Astrid Guyart, Gaëlle Gebet, Corinne Maitrejean et Virginie Ujlaki sont parvenues en quarts de finale mais ont été sorties par des Russes intraitables (45-42). Les filles se classent sixièmes après avoir battu les Etats- Unis (45-39), mais échouant dans la foulée face à la Hongrie, 44 touches à 43. Ce samedi, les sabreuses et les épéistes masculins, guidés par un Gauthier Grumier revanchard, tenteront de redonner un peu d’éclat à une escrime française en pleine tourmente.

Cédric de Oliveira (avec Rodolphe Massé à Catane)