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Obry : « Je ne demande pas la lune »

Hugues Obry

Hugues Obry - -

Un an après le zéro pointé des JO de Londres, l’escrime française veut renouer avec son glorieux passé à l’occasion des Mondiaux de Budapest. Entraîneur de l’équipe masculine d’épée, Hugues Obry n’hésite pas à fixer un objectif élevé de deux médailles à ses troupes.

Hugues, il semble qu’un fil a été renoué entre les différentes composantes de l’escrime tricolore depuis l’échec des JO de Londres. Partagez-vous ce sentiment ?

On est tous revenus avec zéro médaille des Jeux Olympiques. On est tous dans le même bateau et on a tous baissé la tête en revenant de Londres. Tout le monde s’est remis en cause : les entraineurs, les athlètes et les dirigeants. Redonner ses lettres de noblesse à l’escrime française est un travail de tous les jours. Quand est soutenu par les élus et qu’on a la confiance des athlètes, cela facilite le travail des entraîneurs. Ce n’est pas évident d’avoir davantage de moyens pour concurrencer les nations qui nous précèdent, surtout en période de crise. On ne va pas avoir des beaux jours tout de suite. Les derniers championnats d’Europe étaient beaux (deux médailles d’argent et deux de bronze, ndlr) mais on en demande plus. Il va falloir montrer un minimum de résultats pendant ces Mondiaux. On va être attendus là-dessus et c’est loin d’être une affaire réglée.

Des passerelles ont été établies entre les différentes armes mais aussi entre hommes et femmes, ce qui n’était pas dans la culture de l’escrime tricolore. Pourquoi cette révolution ?

La révolution, c’est de le dire. On le faisait mais c’était informel. Quand les gars partaient et qu’il en restait deux, ils s’entrainaient avec les filles, et vice versa. Maintenant, c’est institutionnel et on trouve ça normal. C’est ce qui se fait déjà tous les jours dans les clubs. C’est nouveau au haut niveau même s’il y a une vraie différence entre l’escrime masculine et l’escrime féminine. Il s’agit de les faire goûter à autre chose pour mieux revenir à ce qu’on leur fait à manger tous les jours. Pour le bien du groupe, l’échange, le partage, c’est super enrichissant. On verra si ça porte ses fruits.

Vous avez clairement annoncé un objectif de deux médailles pour votre collectif de l’épée masculine. Est-ce un rêve ou est-ce réalisable ?

Si je le dis, c’est que les garçons en ont les capacités, sinon je ne leur mettrais pas la pression comme ça. Ils sont quatre dans les seize meilleurs mondiaux. Je me dis que l’un d’entre eux peut faire une médaille et on a un collectif fort pour en remporter une deuxième par équipe. Je ne demande pas la lune. C’est un objectif complètement réalisable et, dans un coin de ma tête, je me dis que c’est même possible de faire deux médailles d’or.

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Propos recueillis par Rodolphe Massé