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Pietruszka : « Oui, je suis inquiet »

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A neuf mois des prochains JO de Londres, le président de la Fédération française d'escrime livre un bilan sans concession des Mondiaux de Catane. Avec trois médailles seulement ramenées de Sicile, la situation est préoccupante.

Frédéric, avec trois médailles, considérez-vous que l’équipe de France est passée à côté de ces Mondiaux ?
Ce n’est pas un bon bilan pour nous. Mais, c’est aussi notre valeur actuelle. Déjà à Paris, c’était l’épée qui avait fait pratiquement le plein de médailles (4). Donc on sait que l’épée reste l’arme forte de la France comme le sabre est l’arme forte des Russes et comme le fleuret est l’arme forte des Italiens. Donc pas de surprise, on sait que les médailles, on doit aller les chercher à l’épée. Malheureusement, cette année on n’a pas eu beaucoup de réussite avec les défaites de Gauthier Grumier et Jean-Michel Lucenay qui ont perdu d’une touche (15-14). Dans les autres armes, on sait que c’est extrêmement difficile pour nous.

Le sabre est notamment concerné…
Oui, c’est inquiétant pour le sabre. On l’a vu ici, on n’a pas été capable de rivaliser avec les meilleurs. A mon avis, je pense qu’il faut revoir certaines choses notamment au niveau physique. Il me semble qu’on a un gros travail à faire dans ce domaine-là parce que techniquement, on est au même niveau que les autres. A nous de bosser maintenant.

A titre personnel, êtes-vous inquiet ?
Oui, je suis inquiet car on a fait une campagne qui n’est pas extraordinaire… Il ne faut pas se voiler la face. Trois médailles, ce n’est même pas le minima qu’on s’était fixé (4 à 6 médailles). Mais cela va nous permettre de nous remettre en question.

Dans le groupe France, on a évoqué quelques tiraillements. Y a-t-il quelque chose à revoir dans la méthode employée ?
Le directeur technique national (Eric Sreki) est conscient de ce qui s’est passé. Il connait nos forces et nos faiblesses. S’il y a quelque chose à changer, c’est de sa responsabilité. Mais lui et on va se voir et on va faire le bilan. Mais on ne peut pas remettre uniquement en question en les athlètes. L’encadrement au sens large est aussi concerné. On doit tous se poser des questions. Je pense qu’il faut donc changer les choses parce qu’après les Mondiaux de Paris, on s’était déjà dit ça. Il y a eu un recadrage mais pas beaucoup de changements. Et on le sait, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il y a des vraies questions à se poser.

Le titre de l'encadré ici

L'argent pour les fleurettistes : |||

Les fleurettistes français échouent à la mort subite en finale de l'épreuve par équipe aux championnats du monde d'escrime à Catane en Sicile. Après avoir passé le premier tour sur forfait de la Sierra-Leone, puis battu Isarël, la Russie puis l'Allemagne, Victor Sintès, Erwann Le Péchoux et Marcel Marcilloux (Brice Guyart était remplaçant en finale) ont perdu lors de la prolongation face à la Chine  touches 45 touches à 44. Les Français ont mené d'entrée, comptant jusqu'à cinq touches d'avance, avant de voir la Chine passer devant au score lors du huitième relais quand Victor Sintès a reçu un carton rouge, puis un second pour finalement perdre lourdement son relais ( 4/12). Mené 35/40 quand il est entré en piste pour le dernier relais, Erwann Le Péchoux a réussi une remontée fantastique jusqu'à 44 partout. Lors de la prolongation à la mort subite, le Français avait la priorité mais le chinois Lei a pris sa chance et donné la victoire à la Chine. Le bilan individuel des Français pendant cette finale: Sintès 12/21 ; Le Péchoux 15/17; Marcilloux 13/11.Les fleurettistes français n'avaient plus goûté à l'or mondial depuis les Mondiaux de 2007. Ils avaient ensuite connu une période délicate, jusqu'à leur renaissance cette saison qui les avait vus décrocher l'argent en juillet dernier lors des championnats d'Europe.

Propos recueillis par R.M. à Catane