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A Armentières, les filles défient les garçons

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Une équipe d’Armentières de Moins de 15 ans, 100% féminine, évolue dans le championnat de district (2e division) des Flandres. Une première à ce niveau.

Armentières n’est pas qu’une cité-dortoir de 25 000 habitants du Grand-Lille. La ville nordiste a donné naissance à deux personnalités du showbizz : Dany Boon, héros des Chtis, et la chanteuse Line Renaud, autre figure emblématique de cette cité du Nord, plantée le long de la Lys, à la frontière belge. Moins médiatique : un groupe d’adolescentes est entrée à sa façon dans l’histoire.

Les filles de la JA Armentières évoluent en deuxième division masculine de district des Flandres. Une première à ce stade-là même si cela s’est déjà vu dans les catégories inférieures. Une particularité qui est le fruit d’un travail de fond mené par le club d’Armentières depuis 1995 pour développer le football féminin. Un choix précipité à l’issue de la saison dernière, par un encadrement lassé par les « valises » que les jeunes armentiéroises infligeaient à leurs adversaires. « Un jour, on a gagné 28-0 », se souvient Sabine Pynson, entraîneur de l’équipe.

Le règlement fédéral ne prévoyant rien face à ce type d’initiative, la JAA s’est lancée dans l’aventure cette saison. « Au début on était pris à la rigolade parce qu’on était une équipe de filles, explique Pynson. Mais au fur et à mesure, ils ont compris qu’il y a avait quelqu’un en face et ils nous ont pris au sérieux.... »

INTER Un adversaire : « Elles sont impressionnantes ! »

Comme leurs homologues masculins, les joueuses partagent les mêmes idoles. Florine porte le n°8 de Samir Nasri d’Arsenal, Camille ne quitte pas le maillot du LOSC, leader de Ligue 1, forteresse vénérée dans les campagnes flandriennes.

Sur le terrain, les filles ont aussi adopté les méthodes des garçons. « Ils sont parfois un peu étonnés de nous voir, ils disent : on va vous battre, mais on montre ce qu’on sait faire, s’amuse Tening, attaquante de l’équipe. On tacle, ça tire les bras, ça fait tout, normalement... » Avis partagé par la jeune gente masculine qui a affronté les filles d’Armentières. « Sérieusement, j'en connais pas mal, reconnaît Maxime, joueur du CS Erquinghem-Lys. Elles y vont, elles combattent. Elles mettent le pied, elles ne se laissent pas faire, elles sont impressionnantes. »

Bilan après cinq journées : 1 victoire, 2 nuls et 2 défaites, et une huitième place (sur dix). « Ça se passe bien, raconte Tening, on pensait se prendre des valises, mais on tient bon. » Les filles de la JAA savent qu’elles doivent en profiter parce que le subterfuge ne marchera pas dans les catégories supérieures.