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"Bad Boys": le calvaire d'Harald Schumacher, comparé aux gardiens d’Auschwitz

Dans le premier des trois épisodes du film Bad Boys diffusé ce lundi sur RMC Sport 2 (et à partir de 23h sur RMC Sport 1), Harald Schumacher raconte sa longue descente aux enfers après la demi-finale contre la France, en juillet 1982, et son tristement célèbre attentat sur le pauvre Patrick Battiston.

Détesté en France depuis le 8 juillet 1982, date à laquelle il percutait de plein fouet Patrick Battiston, lui brisant la mâchoire, Harald Schumacher, alias "le boucher de Séville", ne parvient pas à se défaire de cette image de brute sans vergogne qui lui colle encore et toujours à la peau malgré les années. Et il ne fait pas grand-chose pour s’en détacher. 

"J’adorais les un contre un. Je n’avais pas peur, explique t-il dans le premier des trois épisodes du film Bad Boys diffusé ce lundi sur RMC Sport 2 (et à retrouver ensuite en replay). La douleur, c’est dans la tête. Pour me prouver que la douleur était imaginaire, je disais à ma femme: 'Éteins ta cigarette ici, sur mon bras' (il montre son avant bras)."

Ses enfants ont failli être kidnappés...

Des déclarations maladroites et une célébration victorieuse un tantinet inappropriée, alors que Battiston était dans le coma (avec une vertèbre et trois dents brisés dans l'agression physique), ont achevé de le désigner ennemi public n°1, dans son propre pays. La presse s’est déchaînée. 

"Il y a eu quelques gros titres assez violents, se souvient-il. Schumacher est fait du même bois que les gardiens de Dachau et Auschwitz. On devrait se poser des questions là-dessus." Traité de nazi, le gardien de la Mannschaft reçoit à l’époque des menaces de mort, ses propres enfant sont en danger.

"On a essayé de kidnapper mes enfants, a-t-il confié à nos équipes dans ce documentaire exceptionnel. L’école a appelé. Il y avait un type devant l’école qui disait que j’étais mort et il voulait partir avec mes enfants." Une semaine après ce France-RFA, les deux hommes avaient organisé un point presse pour atténuer les tensions.

"Je lui ai dit: 'Patrick, je suis désolé, je ne l'ai pas fait exprès, confie-t-il 38 ans après ce rendez-vous organisé à Metz. Je lui ai dit ça et aussi que si c'était à refaire, je le referais. Parce que je pensais avoir le ballon. Il me croyait. Je me suis excusé, et il a accepté mes excuses. Mais le public ne les a jamais acceptées."