RMC Sport

Bayern-Chelsea : Munich au bout du suspense

Franck Ribéry

Franck Ribéry - -

Pour leurs retrouvailles, Pep Guardiola et José Mourinho ont offert une Supercoupe d’Europe à spectacle et suspense, remportée par le Bayern aux tirs au but après une égalisation à la dernière minute des prolongations.

Ils nous ont souvent régalés de duels fantastiques lors de leurs deux saisons de rivalité en Liga. Et ils ont remis ça pour leurs retrouvailles, plus d’un an après, avec une Supercoupe d’Europe phénoménale d’intensité et de suspense ce vendredi soir à Prague. Enquiquineur en chef de Pep Guardiola lorsqu’il officiait au Real Madrid, José Mourinho a bien failli se rappeler au mauvais souvenir de celui qui préside désormais à la destinée du Bayern Munich. Au programme ? Un scénario tactique comme José les aime, parfait pour le hold up, avec une équipe dominatrice, le Bayern, et un adversaire, Chelsea, qui joue sa chance derrière des contres efficaces, une défense héroïque et un gardien en état de grâce. Le tout pour une Supercoupe d’Europe de haute qualité qui finit par tourner en faveur des vainqueurs de la Ligue des champions, les Munichois, victorieux des tenants du titre de la Ligue Europa après une égalisation à la dernière minute des prolongations (2-2, 5 t.a.b. à 4).

A quelques secondes près, les Blues n’auront donc pas joué un nouveau mauvais tour au Bayern après celui de la finale de la Ligue des champions 2012 remportée aux tirs au but à… Munich (12 joueurs étaient titulaires dans les deux matches). Mais ils ne sont pas passés loin. Trois fois battus pour ce trophée (1975, 1976, 2001), record du genre, les Bavarois entamaient la première période pied au plancher, décidés à rattraper cette erreur de palmarès. Résultat ? Avec son jeu bien en place et ses automatismes, le Bayern dominait les débats de la tête et des épaules. Les hommes de Pep Guardiola confisquaient le cuir : 68% de possession après un quart d’heure, 240 passes à… 87 après 35 minutes. Et il n’en aurait pas fallu beaucoup plus pour voir Lahm (9e), Ribéry (21e) ou Müller (37e) transformer cette mainmise en réalité comptable. Sauf qu’il y avait un hic.

Cech énorme, Martinez en sauveur

Car les Blues, eux, n’avaient pas laissé passer leur chance. Une merveille de passe signée Hazard, un centre sans contrôle de Schürrle et Torres ouvrait le score en trompant Neuer (1-0, 8e) sur l’unique tir cadré londonien des 45 premières minutes. A l’heure de rejoindre les vestiaires, l’idée de voir ce Chelsea très dangereux en contre réaliser un hold-up tactique à la José Mourinho semblait ainsi prendre forme. Mais c’était oublier un peu vite l’homme en forme du moment, Franck Ribéry, constamment recherché par des coéquipiers qui dirigeaient bien plus le jeu sur son aile gauche que sur la droite. Tout juste élu joueur européen de l’année, l’international français ne se faisait pas prier pour fêter ça avec un splendide but d’une belle frappe sèche du droit pour entamer le second acte (1-1, 47e). Et à peine une minute plus tard, à la retombée d’un centre, Ribéry écrasait une volée qui flirtait avec le montant opposé (48e) mais aurait pu lui faire encore marquer de précieux points en vue du Ballon d’Or si elle avait fait trembler les filets.

La suite, plus équilibrée mais toujours dominée dans le jeu par le Bayern, verra les deux camps passer pas loin du KO : Robben (54e, 67e) ou Ribéry (88e) côté Bayern, Hazard (68e) ou Schürrle (79e) pour les Blues. Sans oublier la tête d’Ivanovic repoussée par la transversale (78e) d’un Neuer qui sauvait également les Munichois à deux reprises, sur un duel face à Oscar (63e) puis une tête à bout portant de David Luiz (84e). Sous tension, le match s’échauffait et Ramires récoltait un carton rouge (85e), laissant ses coéquipiers à dix pour les prolongations. Mais même à un de moins et sous la pression adverse, le football reste un jeu où le talent individuel peut faire une différence décisive. La preuve avec le bijou d’une vieille connaissance de la Ligue 1, Eden Hazard, qui mystifiait la défense du Bayern (2-1, 93e). Les exploits de Cech devant Mandzukic (108e), Martinez (109e), Götze (115e) et Ribéry (118e) réduisaient alors à néant les espoirs munichois. Jusqu’à l’arrivée de Javi Martinez, décisif au meilleur moment (2-2, 120e). Les tirs au but décideront du reste. Et du nouveau triomphe de Guardiola sur son rival Mourinho.

A lire aussi :

>> Ribéry, moins fort avec les Bleus ?

>> Guardiola-Mourinho, comme on se retrouve...

>> Ribéry roi d'Europe !

Alexandre Herbinet